Vacances estivales : s’adapter et déconnecter

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Les vacances constituent  un espace hors temps.

Les vacances estivales sont, pour une grande partie de la population, une période de l’année très attendue, car placées sous le signe des retrouvailles familiales et du soleil. Cependant, le « burn out estival » ou surmenage, soit la fameuse charge mentale, peut guetter les vacanciers.

Le burn out est un syndrome qui représente un épuisement émotionnel lié à la sphère professionnelle.  Une forme d’aboutissement final du stress que développent  les personnes qui ont des idéaux élevés et des exigences répétées. Elles refusent de renoncer aux objectifs qu’elles se sont fixés, alors même qu’elles se sentent débordées. Le tableau clinique est marqué par une symptomatologie débutant  par une intense fatigue qui se chronicise ; par une démotivation, un sentiment d’incompétence, d’échec ; par de la colère. Une forte insécurité interne, caractéristique de l’anxiété… en d’autres termes, il s’agit d’une maladie de l’âme en deuil de son idéal.

Mais à l’approche des vacances ?

Il est très fréquent d’observer que les futurs vacanciers tentent d’optimiser au mieux leur emploi du temps, afin de boucler le maximum de ce qu’ils ont à faire avant de partir en vacances. On observe souvent un état de stress qui va grandissant avant les congés. Les tensions accumulées durant l’année ne sauraient s’estomper comme par miracle ! Ainsi bon nombre de personnes organisent leurs vacances comme elles le feraient de leur travail. Cet écueil dangereux peut les empêcher de négocier correctement le virage vacances. Ils dérapent donc tout droit vers un trouble de l’adaptation. C’est-à-dire vers un nouveau sentiment de surmenage !

Or, l’une des clés pour éviter cette charge mentale, est de savoir s’ajuster à ce nouveau rythme de vie, d’apprendre à lâcher prise, de réussir à déconnecter.

La femme reste la plus exposée. Elle doit souvent agir sur tous les fronts, et ce à longueur d’année. Pressions personnelles, familiales, sociétales exigent qu’elle soit tout à la fois une épouse et une amante, une manager ou une employée, une compétitrice dédoublée en une mère… parfaite. La course à la performance !

Il n’existe pas de parents parfaits. Principe de plaisir et principe de réalité peuvent rapidement entrer en conflit, si organiser au mieux les vacances de toute la famille devient l’ultime goutte de stress qui manquait encore au vase débordant. C’est ainsi nourrir l’illusion que  la fatigue accumulée durant toute l’année pourrait spontanément disparaitre !

Et les enfants ! Eux aussi ont été soumis à un rythme soutenu. Ces derniers peuvent avoir tendance à se relâcher bruyamment dès les vacances annoncées et l’excitation psychique atteindre son paroxysme au jour du départ !

L’épuisement exacerbe les tensions, engendre une perte de motivation de part et d’autre, une déception et de la tristesse. On retrouvera la sensation de surmenage, des troubles du sommeil, des troubles de l’humeur ainsi qu’une baisse de l’estime de soi avec le sentiment d’être incapable. Il s’en suivra une tendance au repli et à l’isolement. L’émergence d’affects dépressifs et le sentiment d’être accablé par l’ampleur des objectifs fixés.

Sans enfants, se retrouver en couple peut sembler idyllique. Or partager tout son temps  avec son conjoint peut aussi être source de vives tensions. Développer une frénésie de visites et de découvertes, en se fixant un planning exigeant, engendre aussi bien fatigue, irritabilité, qu’agacement pour finir en disputes familiales. L’alerte mistral, tramontane et orages conjugaux, risque fort de venir achever ce qui subsistait des espoirs de détente !

Les clés sont donc la déconnexion (quitter les réseaux sociaux, ne pas consulter ses emails, laisser de côté ses dossiers, etc.), savoir renoncer à ses idéaux de perfection et apprendre à s’écouter pour réussir à s’adapter à ce nouveau rythme de vie.

Les vacances constituent  un espace hors temps. Elles substituent à la réalité liée au quotidien et à ses contraintes, le luxe simple d’être ensemble, en respectant le rythme de chacun dans sa singularité. Dans un état d’esprit différent de celui du reste de l’année… en laissant tout simplement le temps s’égrainer. Temps précieux, dont il faut se faire un allié. Temps parfait pour faire à nouveau connaissance avec les siens mais aussi avec soi-même.

Anne-France Bouchy Psychologue clinicienne, psychothérapeute, psychanalyste

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