« Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? »

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La France, championne du monde de la discrimination à l’embauche.

Malgré la loi du 27 mai 2008 portant sur la lutte contre les discriminations, les recruteurs qui officient pour les entreprises ne sont pas toujours à cheval sur les principes. 

Selon un récent sondage, le look, la beauté et le poids sont considérés comme des critères importants en matière de carrière professionnelle.

Le Défenseur des droits s’inquiète des discriminations fondées sur l’apparence physique dans le monde du travail, estimant que celles-ci sont trop souvent acceptées par les recruteurs comme par les victimes.

Alors que, « selon plusieurs études et sondages, l’apparence physique est devenue l’un des critères les plus fréquents de discrimination », le Défenseur des droits Jacques Toubon constate que « le sujet est négligé » et « le contentieux très faible », car « la prise en compte de l’apparence est intégrée comme allant de soi » dans le monde du travail.

L’apparence physique, 2e critère de discrimination

La prise en compte de ces discriminations « est complexe à appréhender » dans la mesure où « les victimes ont du mal à rapporter la preuve d’avoir été discriminées » et les associations, en dehors de celles relatives à la grossophobie, « portent peu ces sujets » dans le débat.

Pourtant, selon le baromètre réalisé en 2016 par le Défenseur des droits et l’Organisation internationale du travail, l’apparence physique est le 2e critère de discrimination cité par les demandeurs d’emploi dans leur accès à l’emploi (29% pour les femmes et 20% pour les hommes). En outre, selon certaines études, « les salariés jugés ‘beaux’, perçoivent des salaires en moyenne 12% plus élevés » alors qu’à l’inverse, les personnes « au physique jugé disgracieux » ont des salaires inférieurs de 11 à 15%, les femmes subissant davantage cette discrimination.

Look, beauté, poids, des critères importants

« Dans notre société pétrie d’images, le poids des apparences est considérable », résume Jacques Toubon. Selon un sondage réalisé pour le Medef en 2018, que l’on soit en contact de la clientèle ou non, le look (70%/45%), la beauté (43%/28%) et le poids (43%/24%) « sont considérés comme importants en matière professionnelle ».

Aussi le Défenseur des droits a-t-il jugé nécessaire de publier une « décision-cadre » dans laquelle il rappelle le cadre réglementaire concernant cinq domaines de discriminations: l’obésité et la grossophobie, les tenues vestimentaires, la coiffure, le port de la barbe et les tatouages et piercing. Ainsi, les employeurs doivent veiller à consigner expressément dans les documents écrits (règlement intérieur, contrat, note de service, etc.) les contraintes éventuelles de présentation et de tenue vestimentaires justifiées par la nature de l’emploi; à prévenir et à sanctionner toute discrimination et tout fait de harcèlement fondé sur l’apparence physique; et enfin à former leurs personnels aux droits et liberté des salariés.

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