Pourquoi les femmes sont-elles plus vaccinées que les hommes ?

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La majorité des vaccinations en France concernent les femmes – Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

  • C’est une constance qui dure depuis le tout début de la campagne de vaccination en France: plus de femmes que d’hommes sont vaccinées.
  • Sur les 20 millions de personnes qui s’injectent pour la première fois (personnes qui ont reçu au moins une dose de vaccin), 56% sont des femmes.
  • Comment expliquer un tel écart?

Le 27 décembre 2020, la France a lancé sa campagne de vaccination avec 17 personnes recevant une première dose de vaccin Pfizer-BioNtech: 10 femmes et 7 hommes. Des mois et 20 millions de personnes supplémentaires pour la première fois plus tard, l’écart entre les sexes est à peu près le même. 56% des personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin en France sont des femmes, contre 44% des hommes. Comment expliquer un tel écart entre les sexes ?

Les femmes sont-elles plus à risque que les hommes?

Les hommes représentent 58% des décès dus aux coronavirus en France et les femmes 42%. En février, l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé a publié une vaste étude sur les facteurs de risque des patients atteints de Covid-19 en France. Comparé à une femme, un homme a 1,4 fois plus de risques d’hospitalisation et 2,1 fois plus de risques de décès. Les femmes ne sont donc pas plus à risque, mais au contraire moins susceptibles de contracter des formes graves ou de mourir que les hommes.

L’explication de cette surreprésentation vaccinale ne se trouve donc pas dans ce sens. Les femmes seraient-elles alors simplement plus favorables à la vaccination? Et bien là aussi, ça ressemble à une fausse piste. En février 2021, un sondage Odoxa indiquait que 68% des hommes voulaient se faire vacciner, contre seulement 54% des femmes. Bien sûr, l’écart se rétrécit avec le temps. En décembre 2020, le même sondage montrait que 54% des hommes étaient favorables à la vaccination, contre 31% des femmes.

Les femmes sont-elles surreprésentées dans les catégories ouvertes de vaccination?

Pour le moment, et en attendant le 15 juin, la vaccination n’est pas ouverte à tous les adultes, mais uniquement à certaines catégories de populations. Or, «en France, les femmes vivent plus longtemps que les hommes et sont donc majoritaires dans les tranches d’âge les plus élevées. La sur-vaccination des femmes vient donc peut-être simplement d’une surpopulation éligible », note le chercheur en immuno-oncologie Eric Billy.

Prenons les deux premières tranches de population ouvertes à la vaccination, les maisons de retraite médicalisées, à partir du 27 décembre 2020, et les plus de 75 ans, à partir du 18 janvier. Les femmes représentent 75% des résidents des maisons de retraite et 60,9% des plus de 75 ans en France. Si l’on s’étend à toutes les personnes de plus de 50 ans en France, les seules ouvertes à la vaccination (hors comorbidité et professions de santé) pour le moment, les femmes représentent 54,2% de ces personnes, selon les données. de l’INSEE. Un pourcentage proche de l’écart entre les vaccinations masculines et féminines. Quant aux professions de soins (pour lesquelles la vaccination est possible depuis février), il y a aussi une énorme surreprésentation, avec 70% de femmes dans les professions médicales et paramédicales.

L’écart sera-t-il compensé par l’ouverture de la vaccination à tous?

L’écart entre les hommes et les femmes vaccinés n’a jamais vraiment changé depuis le 27 décembre. Mais la situation pourrait enfin changer avec l’ouverture de la vaccination à tous le 15 juin. Les hommes deviennent majoritaires dans la population des moins de 25 ans (et sont quasiment équilibrés avec les femmes. entre 25 et 50). Sur l’ensemble de la population adulte française, on compte ainsi 51,7% de femmes contre 48,3% d’hommes. Comment réduire cet écart?

Tout le laisse réfléchir. D’abord parce que comme on l’a vu, les hommes semblent plus favorables à la vaccination que les femmes. Ensuite, «si l’on considère que l’écart entre les hommes et les femmes est dû à un biais de population, il n’y a aucune raison que cela ne se résout pas dès que la population éligible devient plus masculine», rappelle Eric Billy.

Et c’est une chance, car pour parvenir à une immunité collective – environ 80% de la population adulte vaccinée contre les variantes – nécessitera le soutien des hommes et des jeunes hommes. «La population de moins de 35 ans est indispensable à la vaccination si l’on veut lutter contre d’éventuels rebonds épidémiques», soutient le chercheur en immuno-oncologie. C’est la population avec le plus de contacts, le taux d’incidence le plus élevé et celle qui est susceptible de transmettre le virus à de nouvelles personnes autres que le cercle familial ou les amis proches. “

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Photo Gianluca Curti / EyeEm

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