Pas de retour à la norme mâle chez les helvètes !

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Sans quota, les femmes prennent la majorité.

Le 7 février dernier, la Suisse a commémoré les 50 ans du vote des femmes, avec une pointe de déception concernant les résultats dans les urnes, après deux générations. Mais, comme par enchantement, les votations qui ont suivi en Valais et à Neuchâtel ont montré une poussée remarquable d’élues, dans ces deux parlements cantonaux. Dans le premier, 111 femmes ont été élues, dont 66 à la suppléance. Soit une courte majorité sur les 130 sièges. À Neuchâtel, c’est le Grand Conseil qui, avec 58 femmes sur 100 sièges, devient le premier Parlement de Suisse où les hommes sont minoritaires.

Personne ne s’attendait à ce que cela arrive aussi soudainement. Il y a eu tout d’abord un signal. En novembre dernier, lors du renouvellement du Parlement en ville de Berne, les femmes avaient emporté 70% des sièges. Ensuite, ce n’est pas un hasard si le phénomène s’est poursuivi à Neuchâtel, car le débat sur l’instauration de quotas y a été vif. En 2020, au Grand Conseil, un projet de loi prévoyait que chaque liste soit composée d’au moins 30% de femmes lors des élections 2021, d’au moins 40% en 2025 et de 50% dès 2029. Il avait échoué. En 2019, une autre proposition de la gauche voulait que le législatif cantonal soit composé de 50 femmes et de 50 hommes. Échoué également.

Les femmes ne sont plus des « invitées »

Finalement, l’évolution naturelle de l’électorat valaisan ou neuchâtelois a démontré qu’il n’y avait pas besoin de loi, ce qui réjouit aujourd’hui les opposants à toute forme de quotas. Mais ils ne pourront pas nier que le débat autour de la question a fait la promotion d’une juste répartition des sexes, au sein des parlements. Sans doute, aussi, que la commémoration du suffrage féminin, cette année, a accéléré la prise de conscience chez les femmes qu’elles avaient acquis un droit dont elle n’usait pas assez pour faire voter les leurs.

Cette plus forte présence féminine ne sera pas sans incidence sur le profil des hommes en politique. Lorsqu’elles représentaient 10% à 20%, les femmes demeuraient dans un rôle d’« invitées » par ces messieurs. Qui pouvaient continuer de fonctionner entre eux, avec une certaine condescendance. Lorsque la parité s’installe, voire que la majorité bascule dans l’autre camp, cette attitude n’a plus lieu d’être. La progression des femmes va se faire au détriment d’un certain type de politiciens à l’ancienne, un peu machiste et au goût du pouvoir pyramidal.

Ces hommes-là vont devoir adapter leur comportement, en considérant que les femmes font dorénavant jeu égal. Elles ne sont plus des « invitées » mais des politiciennes à part entière qu’il faut convaincre. Cette nouvelle donne va rendre moins attractif le monde politique pour certains. Ils vont s’en désintéresser pour fréquenter d’autres cercles.

Il leur reste assez de bastions masculins : l’armée, le sport, les banques, les assurances ou les médias. Ils y retrouveront cette connivence virile qu’ils estiment en voie de disparition, en politique…

Sources : Le Temps / La Tribune / Le Matin

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