Mee too ouvre des portes !

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« Face à ce sexisme obsolescent, rien de plus important pour moi que de créer »

Mee too ouvre des portes ! Elle m’a ouverte celle de l’Apostrophe ici à Montolieu dans ce village rêvé des Livres et des Arts ! Petite commune sur un piton rocheux cernée par deux rivières et l’oasis du Pôle Culturel de la Manufacture : un endroit où se sentir libre d’être soi ! Occitane d’adoption depuis 5 ans, ici et ailleurs depuis toujours je bricole couleurs et traits. Peindre est mon moteur ainsi je peux vivre en ce monde de brutes et y cultiver ma joie contre vents et marées !

En ce pays de passion j’ai rencontré Camille Grapheur de One One de Carcassonne, j’ai aimé sa profusion de couleurs la précision force de son trait, il a jeté un œil sur Mee Too : trait pour trait, couleur pour couleur ! Tu pourrais exposer à la Manufacture de Montolieu !

Après quelques expos occitanes je cherchais ce lieu, un endroit où me loger ma peinture et moi, un lieu non académique où il me serait possible de me sentir au bon endroit ! C’était là !

Un petit coin de paradis sensible en ce monde : un lieu créé pour des artistes en résidence en vie, tissant ce réel en mouvement le nourrissant de sons de traits de couleurs !

Ici le bel endroit pour un hommage aux colleuses, pour ré enchanter le cosmopolitisme, pour égayer la vie et crier le bonheur à toute heure dirait Bertrand OGEREAU poète inculte saltimbanque contemporain !

L’expo se prolonge jusqu’à la fin octobre, l’Apostrophe vous y accueille régalant finement vos papilles et nourrissant vos yeux !

Être femme en ce monde n’est pas chose aisée. Déployant plusieurs activités dont deux à responsabilité, se confronter au sexisme ordinaire devient une banalité. C’est une oppression sourde à laquelle faire face avec le sourire sans céder à la colère, l’emportement, la résignation.

Face à ce sexisme obsolescent, rien de plus important pour moi que de créer -. Je crée à partir de ce désir qui me tient, de dire ce que je pense et de défendre des idées face à ce monde de brutes, et à toutes injustices que nous ne pouvons ignorer, ce que Adorno a appelé plus tard « L’échec fracassant de la culture » nommant la Shoa. En révolte, j’ai toujours cherché comment j’allais faire pour lutter. La vie est un éternel combat, mais la lutte est belle.

Effort diplomatique

Aujourd’hui,  comme hier, demain, peindre c’est pour moi, contribuer à nommer l’innommable. Dévoiler c’est nommer et nommer c’est agir nous disait si justement Simone de Beauvoir au moment de l’introduction, pas si lointaine en 1978, du terme sexisme dans le dictionnaire.

A ce titre, apporter résonnance à une forme de  libération de la parole des femmes avec Mee Too, ou signifier que nous ne sommes pas dupes des stéréotypes auxquels sans cesse nous sommes assignées, me tient particulièrement à cœur.

Ici en cet espace, clin d’œil aux Chiennes de Garde, avec vous et toutes, mes crocs sont de sortie, hier, ici et partout ailleurs !

Pour garder cette valeur précieuse de la dignité des femmes !

C’est aussi opposer à cette douleur d’existence la joie !

Peindre c’est déjà se retrouver auprès de soi, presque dans un prendre soin de soi, c’est avoir déjoué les entraves pour se trouver là, devant la toile.

Un espace sans place pour la résignation, un espace sans place pour l’impolitesse du désespoir, un espace de résistance, de plaisir, de jubilation, de subversion, de création où se sentir en vie et  inventer sa vie …

Alors on danse : La liberté est exigeante – L’avenir : un pari permanent – Rebelle pour la Loi

En ce monde de brutes, où ce cher Sigmund nous invitait à raison à considérer l’être humain capable du meilleur comme du pire, l’Occitanie m’a ouvert de nouveaux horizons. Au détour de mes tribulations d’action sociale, médico-sociale, j’ai croisé en Occitanie des hommes du XXIème siècle , je veux dire par là, au-delà d’un sexisme obsolète et pensant simplement qu’ensemble, femmes et hommes, nous sommes seulement plus fortes et forts, pour essayer en ce monde de célébrer la vie dans son aspiration  lumineuse, créatrice, espiègle !

Ces hommes là occitans, ont fait le pari que je pouvais incarner le devenir de leur engagement en qualité de présidente de leur association, devenue mienne, contre les exclusions et les dépendances addictives. Un autre jour, je rencontre ce poète, lui aussi saltimbanque, auteur, artiste, psychanalyste, tisseur de liens, qui traverse la brume matinale de sa Brives natale jusqu’à mon atelier, pour me rencontrer autour de ma production de couleurs, d’artisane d’art en vie, envie !

Ce poète là, Philippe BOURET, a égayé notre saison 1 du Covid, en nous délivrant cette friandise oxygénante : Un jour Un poème, sur sa page Facebook, et chaîne You Tube.  C’est ma production artistique, pinceaux couteaux en bandoulière, qui a favorisé cette rencontre parenthèse enchantée.

Je lui dois d’avoir encore davantage affûté le bien dire auquel j’aspire, celui d’une action sociale alternative militante où «  l’art est un accélérateur de conscience », article/dialogue qu’il signe à l’encre rouge, dit-il, dans le n°11 de la revue internationale transculturelle A Littérature-Action Marsa Publications Animations à paraître bientôt.

Poète anachronique essentiel

Artiste militante, artiviste ça me plaît, éclairer la délicate orfèvrerie de l’action sociale, médico-sociale, constamment invisibilisée pour, semble-t-il, taire ce que l’on ne veut pas voir.

Et c’est aussi cela la force des femmes, que je veux célébrer sans relâche, les reconnaître, restituer leurs courbes et leurs déterminations, celles qui l’ouvrent et qui réenchantent pour nous ce monde. Je pense aux afroféministes noires, qui, les premières ont forgé ce fabuleux concept d’empowerment.

Je pense à Angela Davis, à sa détermination  intacte, en 2018 répondant au racisme de Trump : « Aucun être humain n’est illégal » ! La couleur, disait Philippe, vient me dire,  votre attachement au cosmopolitisme, à la rencontre entre les cultures.

Parce que la couleur c’est la vie ? Ô oui Ô combien, nous avons cette richesse inestimable dans cette société qui est la nôtre : un creuset culturel qui rassemble une absolue diversité, un trésor !

A l’heure où  en ce monde de scissions, les bruits des bottes se font de jour en jour plus présents, nous dit ce voyageur photographe Didier ALMON de la Manufacture, nous reste la force de la sororité pour un monde pluriel !

Angela

La force de la sororité alliée à celles d’hommes du XXIème siècle, sapiens-sapiens, non pas jouisseurs de leurs privilèges, à l’obsolescence programmée et se posant encore en donneurs de leçons !

Alors, oui, grâce à la couleur, à toutes les couleurs, je ne rumine pas et je fais de la matière pour combattre ! Arrivée là, c’est considérer l’espace de création acquis et s’y plonger ! Cultiver cette énergie de commencer et se laisser aller. Et en cet espace de commencement, une fois conquis, quoi qu’il se passe alentour, ce jour-là, ce moment-là, cet instant là – valait la peine d’être vécu !

Aujourd’hui plus qu’hier j’ai à peindre, avec l’avantage en étant une femme artiste en mode Guérilla Girls, de pouvoir m’évader du monde de l’art en ayant 4 petits boulots !

Eva NICKY

Depuis plus d’un an, Women Today, (ex-Sarasvatî) et sa Lettre des femmes hebdomadaire explorent toutes les facettes du féminin et du féminisme. Donnent la parole à celles et à ceux qui misent sur la réflexion, plutôt que sur la division, pour éveiller les esprits, faire avancer la parité et reculer les inégalités.

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