Maïa Mazaurette: « J’écris comme je vis et je peins comme j’écris »

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Une conversation sans dessus dessous avec Barbara Polla, qui montre ses peintures depuis janvier 2019.

Maïa Mazaurette est une star que tout le monde connaît. Mais, le saviez-vous ? Maïa Mazaurette est aussi peintre. Elle expose en ce moment ses dernières œuvres à Genève, à Analix Forever, dans la galerie de Barbara Polla, aux côtés d’artistes telles Vanessa Beecroft, Tracey Emin, Sarah Lucas, Michaela Spiegel, Ornela Vorpsi  et 77 autres artistes.

Elle répond aux questions de Barbara Polla et nous parle avec ses  mots, ses pinceaux, avec ses fils, avec de l’or, du corps, de la beauté, de l’évidence du désir, du regard, de l’espoir. Elle crée, pour nous, des utopies. Avec tous les media qu’elle explore, elle enrichit nos connaissances : avec ses mots, son attitude, ses livres et sa peinture. Elle est l’auteure de nombreux ouvrages, notamment Sortir du Trou. Lever la tête aux éditions Anne Carrière (2020). Elle peint des hommes nus : sortir du trou. Elle les regarde : lever la tête. Nous suivons son regard.

Laetitia, mixed media on paper, © Maïa Mazaurette, 2021

BP : Maïa, tu es peintre. Une activité créative essentielle, qui va de pair avec l’écriture ?

Maïa Mazaurette :Bien sûr ! Je ne connais pas beaucoup d’auteurs ou de journalistes qui arrivent à écrire huit heures par jour, ou alors ça devient le bagne. Même si on romantise l’écriture, ça reste une approche purement mélodique et verbale du monde. Sans sensualité, surtout sur ordinateur. A l’inverse, le rapport au papier ou aux pinceaux permet de lever le nez, de regarder autour de soi différemment, de se rapprocher d’une forme de contemplation.

BP : Quelle place occupe la peinture dans ta vie ?

Maïa Mazaurette :L’imprégnation est constante : j’attends la réouverture des musées encore plus que celle des terrasses. Il m’arrive de rêver de peinture. Je suis abonnée à beaucoup de pages de peintres ou de galeries sur les réseaux sociaux. Et bien sûr, en terme de pratique pure et dure, c’est devenu mon activité du samedi, pour décompresser de la semaine. Dans des semaines chargées, c’est souvent le seul moment de solitude – le seul où c’est moi qui regarde, au lieu d’être regardée. Un vrai soulagement.

BP : Quels liens entre ta peinture et ton activité de sexperte ?

Maïa Mazaurette :La sexualité, tout simplement ! La question du corps en général, de la beauté, de l’évidence du désir. Sauf que je passe dans les médias d’une approche très froide, très chiffrée, très sociologique (c’est un peu ma marque de fabrique comme chroniqueuse) à quelque chose en atelier de plus instinctif, où justement je ne calcule plus grand-chose. Cependant, la connexion est essentielle : j’écris comme je vis et je peins comme j’écris. Tout est cohérent.

BP : Tu peins des hommes nus… quelles sont tes références ?

Maïa Mazaurette :J’aime le canon grec. Ce n’est pas très original, mais l’équilibre dans les volumes me semble idéal – et parler d’idéal en nos temps pas franchement optimistes me paraît d’utilité publique. Ensuite, je peux me laisser surprendre par mes modèles. Je ne sais pas toujours exactement à quoi ils ressembleront, mais lors de la prise de contact, je valorise la densité : il faut qu’ils aient de l’épaisseur. Pour que je les couche sur le canapé, le lit, et ensuite sur papier…

BP : Tu peins des hommes, seulement des hommes, alors que dans tes chroniques tu valorises la fluidité : Préférence esthétique ? Préférence érotique ? Préférence conceptuelle ?

Maïa Mazaurette :Les trois à la fois ! Les hommes ne sont pas assez regardés – y compris par eux-mêmes, de manière réflexive. En les peignant, je leur apprends à sortir d’une certaine innocence par rapport à leur corps. Pas pour le plaisir de casser quelque chose – au contraire, pour les obliger à se « réincarner ». Ils pourront ensuite s’en servir pour aborder leur vie avec plus de force et de confiance. Ils pourront désirer à partir de leur propre physicalité, et pas dans le vide.

BP : Tu couds « tes » hommes. Est-ce pour les pénétrer ? Est-ce pour mieux les « avoir sous la main » ?

Maïa Mazaurette :Les deux réponses sont bonnes, une fois encore. En ce moment, j’ai l’impression que la couture me permet de prolonger la pose et le désir. Si ces modèles ont piqué mon attention, alors je les pique en retour. On pourrait dire que je me venge, mais il y a aussi une pratique méditative, une conversation sans dessus dessous et très rythmée qui se prolonge. Le fil m’accompagne. J’ajoute aussi que le fil permet d’ornementaliser. Il finit de transformer les hommes en objets.

BP : L’or… la glorification de l’homme ? 

Maïa Mazaurette :Bien sûr. Renvoyons donc ces créatures de chair au divin !

Annonciation, mixed media on paper, © Maïa Mazaurette, 2021.

BP : Quels sont tes objectifs les plus essentiels, les plus fondamentaux, dans les multiples activités que tu conduis ?      

Maïa Mazaurette :Je crée des utopies. Si on ne sait pas dans quelle direction aller, alors on est complètement paumé. Je théorise des rêves, je les donne à voir dans mon travail de fiction, j’élabore les boîtes à outils permettant de s’en rapprocher. La peinture fait partie de ce processus. L’espoir est au centre de tout mon travail !

Maïa Mazaurette nous parle donc, avec ses pinceaux, avec ses fils, avec de l’or, du corps, de la beauté, de l’évidence du désir, du regard, de l’espoir. Elle crée, pour nous, des utopies.

Avec tous les media qu’elle explore, elle enrichit nos connaissances : avec ses mots, son attitude, ses livres et sa peinture.

Elle est l’auteure de nombreux ouvrages, notamment Sortir du Trou. Lever la tête aux éditions Anne Carrière (2020). Elle peint des hommes nus : sortir du trou. Elle les regarde : lever la tête. Nous suivons son regard.

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