Les mères se lèvent 78% plus que les pères quand bébé pleure

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Traits tirés, cernes, bâillements à répétition… Quand on n’a pas la chance d’avoir un petit qui « fait ses nuits » rapidement, l’arrivée d’un nouveau-né à la maison est souvent synonyme de réveils nocturnes à répétition et d’une fatigue qui pèse lourd en journée.

Comment les parents de jeunes enfants vivent-ils cette situation ? Qui se lève pour s’occuper de bébé la
nuit ? Sa prise en charge est-elle équilibrée au sein du couple ? Pour répondre à ces questions, Sleepyz.fr a confié à l’IFOP le soin d’interroger 1 001 femmes et hommes, parents d’enfants âgés de moins de trois ans. 

Comme pour la très grande majorité des tâches parentales, cette étude montre que les femmes sont de loin celles qui sont les plus concernées par la charge mentale liée au sommeil des jeunes enfants. Elles se lèvent non seulement plus souvent et plus rapidement lorsqu’ils pleurent la nuit, mais sont également plus impliquées dans les différentes phases de préparation du coucher. Une inégale répartition qui entraîne fréquemment son lot de reproches et de disputes au sein des couples. 

Les chiffres clés de l’étude

  • 78% des mères d’un enfant de moins de 3 ans se lèvent plus souvent la nuit que leur conjoint et 44% disent qu’elles sont seules à le faire.
  • 83% des femmes veillent au respect des horaires de coucher contre 54% des hommes.
  • 63% des parents ont mis en place un roulement pour les réveils nocturnes, mais seules 25% des femmes estiment que ce roulement est équilibré.
  • Les mères mettent en moyenne 4,5 minutes pour se lever lorsque leur enfant pleure la nuit contre 8 minutes pour les pères.
  • 44% des parents (et 55% des pères) ont déjà fait semblant de dormir en espérant que leur conjoint(e) se lèverait pour s’occuper du bébé.
  • 66% des parents se sont déjà disputés à propos de la gestion du sommeil de leur jeune enfant.
  • 44% des femmes indiquent moins bien dormir depuis qu’elles sont mères contre 33% des hommes.

44% des mères sont seules à se lever la nuit

enquete ifop sommeil

Près de 8 femmes sur 10 (78%) estiment qu’elles se lèvent plus fréquemment que leur conjoint la nuit pour répondre aux besoins de leur jeune enfant. Près de la moitié (44%) disent également qu’elles sont les seules à le faire au sein de leur couple, une réalité que 15% des pères interrogés disent vivre également.

Cette situation est plus problématique encore pour celles et ceux dont les enfants passent des nuits agitées : 30% des parents interrogés ont vu leur sommeil interrompu 2 à 3 fois et 6% plus de 4 fois par nuit dans les 7 jours précédant l’enquête de l’IFOP. Enfin, près de la moitié des parents (44%) déclarent que leur bambin dort dans le même lit (11%) ou la même chambre (33%) qu’eux.

Une inégale répartition de la charge mentale liée aux jeunes enfants

enquete sommeil

La préparation du sommeil des jeunes enfants incombe très majoritairement aux mères qui s’assurent bien plus fréquemment que les pères du bien-être des tout-petits à l’heure du marchand de sable.
C’est notamment le cas lorsqu’il s’agit de veiller au respect des horaires de coucher (85% des femmes disent y faire attention contre 54% des hommes), de vérifier la propreté de l’enfant avant de le mettre au lit (83% des mamans s’en assurent contre 54% des papas) ou d’intervenir la nuit lorsque le bébé se réveille parce qu’il est malade ou qu’il a peur (83% des mères interviennent contre 55% des pères).

Les mères deux fois plus rapides que les pères

bebe pleure nuit

Quand bébé pleure la nuit, les mères ont tendance à réagir beaucoup plus vite que les pères. Elles déclarent en effet se lever au bout de 4,5 minutes quand les pères laissent passer près du double de temps – 8 minutes – avant de quitter leur lit. En moyenne, hommes et femmes confondus, 72% des parents français se lèvent dans les 5 minutes qui suivent les premiers pleurs, 6% seulement attendant un quart d’heure avant d’aller voir leur enfant. Quant aux parents ayant une activité professionnelle, ils mettent en moyenne deux fois plus de temps pour se rendre au chevet de leur enfant que ceux qui ne travaillent pas (6,1 minutes contre 3,1 minutes).

Un roulement pas toujours respecté !

enquete ifop sleepyz

Afin de permettre aux deux parents de se reposer équitablement, nombreux sont les couples qui établissent un roulement pour répondre aux réveils nocturne de leur enfant. Près de 2/3 des parents (63%) disent avoir adopté un tel système. Toutefois, moins d’un tiers des personnes interrogées (31%) estiment que ce roulement était équilibré. Quant à la perception de cet équilibre, il diffère grandement selon le genre des répondant(e)s : 40% des pères affirment que c’était le cas contre seulement un quart (25%) des mères. C’est parmi les plus jeunes parents que l’équité semble la mieux respectée : 48% des pères et 40% des mères âgés de 18 à 24 ans disent que c’est leur cas.

Des stratégies d’évitement plus masculines que féminines

sommeil jeunes enfants

Quand bien même l’équilibre est recherché et que des roulements ont pu être mis en place, il est parfois tentant de faire semblant de dormir profondément en espérant que son conjoint se lève le premier. Près de la moitié (44%) des parents interrogés ont déjà eu recours à ce stratagème, 15% indiquant même que cela leur arrive souvent.  En l’espèce, les pères sont plus nombreux à « tricher » que les mères (55% contre 44%).

L’envie de dormir ailleurs

dormir avec un enfant

Plus de la moitié (58%) des parents d’enfants de moins de trois ans ont déjà dormi sans la présence de leur enfant, dont 34% disent que cela leur est arrivé à plusieurs reprises. Une situation vécue plus fréquemment par les pères (69%) que par les mères (51%).

7- Enquête IFOP pour Sleepyz - Parents et sommeil des jeunes enfants

Parmi les raisons invoquées viennent en premier lieu des obligations professionnelles ou familiales ainsi que le besoin de récupérer du manque de sommeil. Le désir de retrouver une certaine intimité sexuelle a également conduit plus de la moitié des parents (57%) à ne pas dormir sous le même toit que leur jeune enfant, les hommes étant plus nombreux que les femmes (64% contre 49%) à faire part de cette motivation.

Une source de disputes au sein des couples

8- Enquête IFOP pour Sleepyz - Parents et sommeil des jeunes enfants

La gestion du sommeil de leur enfant a déjà été la source de disputes pour les deux tiers (66%) des parents, les pères étant légèrement plus nombreux à en faire état que les mères. La qualité du sommeil du bébé influe considérablement sur la survenue de ces brouilles dans le couple : 81% des mères dont l’enfant se réveille plus de 4 fois par nuit disent s’être déjà disputées avec leur conjoint à ce sujet.

Le sommeil des mères plus impacté que celui des pères

9- Enquête IFOP pour Sleepyz - Parents et sommeil des jeunes enfants

Si la naissance d’un premier enfant apporte son lot de bouleversements dans la vie quotidienne des jeunes parents, son impact sur la qualité de leur sommeil est vécu très différemment selon les personnes interrogées. Si 40% jugent qu’ils dorment moins bien qu’avant la naissance, une proportion presque égale (38%) déclare avoir un meilleur sommeil. Là encore, hommes et femmes ne sont pas sur un pied d’égalité : 44% des femmes indiquent moins bien dormir depuis qu’elles sont mères contre 33% des hommes.

Le point de vue de Louise Jussian, chargée d’études au pôle Genre, Sexualités et Santé sexuelle à l’IFOP

« Cette étude montre que non seulement les mères se lèvent bien plus souvent que leur conjoint, mais également qu’elles assument plus largement la charge mentale liée à la préparation du sommeil de leurs jeunes enfants. Au sein même de cette charge mentale, les inégalités de répartition se creusent selon leur nature : elles sont moins importantes lorsqu’il s’agit de changer la couche ou de lire une histoire que lorsqu’il faut faire face à une urgence, à une situation imprévue. Dans ce cas, c’est la femme qui intervient, comme l’indique notamment le temps de réaction deux fois plus rapide des mères lorsqu’elles entendent leur enfant pleurer la nuit. On constate aussi que les hommes mettent en place plus de stratégies d’évitement que les femmes : ils sont plus nombreux à faire semblant de dormir lorsque leur bébé pleure et s’absentent plus fréquemment, pour diverses raisons, pour dormir hors du domicile. Néanmoins, il semble qu’une forme de rébellion voit le jour, particulièrement chez les femmes qui se disent féministes, voire très féministes, qui n’hésitent pas à reprocher à leurs conjoints leur manque d’implication. »

Enquête menée par l’IFOP pour Sleepyz.fr du 5 au 22 août 2022 par questionnaire auto-administré auprès d’un échantillon de 1 001 personnes, représentatif de la population de parents d’enfants de moins de 3 ans.

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