Les infidélités : entre le soi et l’autre

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Plaisir reçu, souffrance donnée ?

Sans doute le regretterai-je et encore je ne sais pas, mais j’ai besoin de le vivre ! Cette jeune femme en couple avec enfants, me parle d’une voix vibrante. Nous avons établi ensemble que certaines de ses valeurs sont pourtant en contradiction avec ce qu’elle va faire.

Jadis on évoquait le schéma du démon de midi censé survenir en milieu de vie, je perçois aujourd’hui des envies nouvelles, des passages à l’acte rapides alors que le couple ne subit pas de crise majeure qui questionne son existence.

Le plus souvent les modes d’infidélité connus s’inscrivent dans une faille venant du couple ou de soi. Le lien à l’autre est altéré, au lieu de mettre son énergie à le réparer, la dynamique se porte sur une tierce personne qui peut plus ou moins combler. Le sentiment d’insécurité, la peur de l’abandon, un quotidien vu comme terne, l’envie de séduire ou d’être séduit, peut donner le goût pimenté du risque.

Evidemment si au début du couple a été posée une intolérance indiscutable à des écarts, l’acte consommé, l’infidèle peut se sentir coupable. Un jeune homme vient pour une seule séance déverser ses doutes : une soirée arrosée ainsi qu’un soudain sentiment de solitude, doit-il avouer à sa compagne qu’il a transgressé ? Cette dernière ne semble pas prête à entendre une confession qui peut mettre le couple en danger. Il me dit finalement qu’il peut vivre avec cet événement en le cachant, et qu’il ne se voit pas recommencer, décidé à s’investir encore plus dans sa relation.

Certaines personnes qui ont ainsi vu leur contrat de fidélité -tacite ou discuté- rompu, peuvent placer le curseur du déclenchement de la souffrance narcissique très haut : un repas, un baiser, un acte même incomplet retentit aussi violemment qu’une liaison consommée sous le toit conjugal. Comment s’en remettre ?

Le choc de l’annonce passé, le travail de réinstauration de la confiance peut doucement commencer. La personne fautive doit s’attendre à de longs retours sur la douleur causée, et doit pouvoir les supporter. L’argument du « allez, on se tourne vers l’avenir maintenant » ne peut être entendu tant que la souffrance est présente. Parallèlement, un travail sur l’estime de soi abîmée de la personne victime peut être entrepris.

Mais c’est seulement le jour où l’infidèle est lui-même trompé à son tour qu’il peut comprendre les tourments infligés à l’autre. Je ne le souhaite à personne !

Françoise Mariotti, Docteure en psychologie, psychologue.

Approche Centrée sur la Personne de Carl Rogers. Thérapies de couples, enfants, adolescents, adultes. A créé et anime l’association Psyc&Genre. www.mariottipsy.com

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