Les femmes négligent la prise en charge de leur dépression

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Retarder le traitement d’un problème de santé mentale serait courant chez les femmes. Cette réticence peut être expliquée par la façon dont ces problèmes sont perçus par leur famille et leurs amis.

“Simplement besoin de faire une pause” ou “faire plus d’efforts” : voilà ce que déclarent la majorité des femmes lorsqu’elles se sentent dépassées au lieu de consulter un médecin, d’après une nouvelle enquête réalisée pour le site Gensite.com.

En effet, les femmes se sentent souvent contraintes de « tenir le coup » et de ne pas admettre qu’elles ont des difficultés, explique le Dr Betty Jo « BJ » Fancher, médecin assistant en médecine familiale et psychiatrique, titulaire d’un doctorat en sciences médicales et d’une maîtrise en psychopharmacologie. « Pourtant, si vous sanglotez sur le sol de votre douche, si vous lancez des objets sous l’effet de la colère ou si vous criez de façon répétée dans un oreiller, ce sont des signaux qui indiquent que vous avez franchi une limite et que vous devriez consulter un prestataire de soins pour votre santé mentale« , souligne le médecin.

Elles attendent un an

Cette limite, deux femmes sur trois souffrant de dépression ou d’anxiété disent l’avoir atteint, mais plus de la moitié d’entre elles attendent un an avant de demander un traitement. Et quatre femmes sur dix sans diagnostic de dépression ou d’anxiété disent l’avoir atteint ou être en train de l’atteindre.

Or, ce point de rupture peut avoir un impact négatif ou une pression importante sur tous les aspects de la vie, qu’il s’agisse de la vie sociale, des soins aux proches ou des obligations professionnelles.

« Les femmes enceintes ne passent pas un an sans soins prénataux pour protéger leur santé ou celle de leur bébé. Pourquoi vivre avec un problème de santé mentale qui peut avoir un impact sur tous les aspects de votre vie jusqu’à ce que vous atteigniez un point de rupture ?« , s’interroge Rachael Earls, PhD, agent de liaison scientifique médicale chez Myriad Genetics, fabricant du test GeneSight qui permet d’obtenir des informations génétiques personnalisées et aide à comprendre comment les patients peuvent métaboliser ou réagir à certains médicaments couramment utilisés pour traiter la dépression, l’anxiété, le Trouble Déficit de l’Attention avec Hyperactivité ( TDAH) et d’autres troubles mentaux. 

D’après cette enquête, 30 % seulement des femmes à qui l’on a prescrit des médicaments psychiatriques sont au courant de l’existence de tests génétiques susceptibles d’aider leur médecin à prendre des décisions en matière de prescription – et 8 % seulement de ces répondantes ont subi un test génétique. 

Ignorées ou rejetées 

Parmi les explications avancées à cette hésitation à se faire soigner, six femmes interrogées sur dix souffrant de dépression ou d’anxiété disent avoir été ignorées ou rejetées par leur famille, leurs amis et/ou leur partenaire au sujet de leurs problèmes de santé mentale. 

D’ailleurs, moins de la moitié des femmes (44 %) disent parler à leurs amis ou à leur famille pour soulager leur stress et leur anxiété. Leur crainte est que leurs préoccupations soient ignorées ou invalidées.

Toujours selon l’enquête, les principales raisons pour lesquelles les femmes ayant reçu un diagnostic de dépression ou d’anxiété ont retardé leur traitement sont les suivantes :

« Je pensais que ce n’était « qu’une phase » ou que je pourrais m’en sortir toute seule » (60%). 

« Je ne voulais pas que quelqu’un sache que je luttais contre la maladie » (50%)

« Je ne voulais pas prendre de médicaments » (31%)

« Je n’avais pas les moyens de me faire soigner » (26%)

« Je n’avais pas d’assurance maladie » (19%)

« Je n’avais pas le temps de chercher un traitement » (18%)

Malgré les options de traitement disponibles, moins de deux femmes sur dix pensent qu’elles pourront un jour se libérer des symptômes de l’anxiété ou de la dépression. 

Source : PourquoiDocteur.fr

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