Le sexe est-il la clé d’une relation durable ?

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La réponse est plus complexe qu’on ne l’imagine

Le sexe est-il la clé d’une relation durable ? Selon certaines recherches récentes, il semble que ce soit le cas, mais la situation dans son ensemble n’est pas si simple et les résultats soulèvent une question évidente : qu’est-ce qui permet et soutient le lien amoureux et sexuel à long terme dans un couple ?

Prenons un premier temps de réflexion.

Cette étude s’est concentrée sur les couples récemment mariés et met en évidence des liens entre la fréquence des rapports sexuels et son impact positif sur la relation dans le temps (des recherches antérieures ont également révélé un effet similaire chez les couples plus âgés.) Il va sans dire que si les deux partenaires aiment le sexe, en soi et l’un avec l’autre, alors oui, cela améliorera probablement la qualité de leur relation. Mais qu’est-ce qui permet ce désir, en soi ? Nous savons que les relations à long terme s’amoindrissent avec le temps : la diminution de l’énergie et de l’intimité dans la relation affecte inévitablement les relations sexuelles des partenaires. C’est-à-dire que l’état de votre relation vous suivra dans la chambre à coucher.

Ainsi, le fait d’avoir des relations sexuelles, en l’absence d’une relation satisfaisante, ne sera probablement pas très plaisant et ne se traduira pas non plus par une augmentation de la satisfaction conjugale au fil du temps ; en fait, cela pourrait la diminuer. Les professionnels qui ont travaillé sur les problèmes relationnels des couples le constatent dans les expériences thérapeutiques de patients. Il est vrai que certains couples tentent de revigorer une relation plate ou compliquée en privilégiant leur sexualité, ou en ayant une « relation sexuelle maquillée » ou même une « relation sexuelle en colère » après une dispute. D’autres couples cherchent à « recharger » leurs relations sexuelles en faisant appel à des techniques décrites dans des livres ou des ateliers.

Ce sont des efforts compréhensibles mais mal orientés, et ils reflètent un problème plus vaste : nous absorbons des notions très faussées sur les besoins sexuels et les relations amoureuses à mesure que nous grandissons.

En revanche, les expériences effectives des couples et certaines recherches empiriques montrent ce que font les partenaires quand ils réussissent à maintenir un lien positif, émotionnellement et sexuellement. Essentiellement, ils construisent et vivent une relation qui combine écoute, réciprocité et volonté de créer les conditions nécessaires au maintien de l’énergie érotique dans leur vie physique et sexuelle.

Le rôle clé que jouent ces habitudes devient plus évident lorsque l’on examine les résultats réels de l’étude sur les couples récemment mariés. Dirigée par la Florida State University et publiée dans Psychological Science, elle cherchait à déterminer si les rapports sexuels fréquents pouvaient non seulement entretenir le lien positif existant entre les périodes d’activité sexuelle des partenaires, mais également renforcer la satisfaction de leurs relations à long terme.

Les chercheurs ont découvert qu’un seul acte sexuel produit une «rémanence» pour les couples, qui dure environ deux jours. De manière plus significative, les couples qui ont ressenti une plus forte rémanente ont signalé une satisfaction conjugale plus grande quatre à six mois plus tard par rapport à ceux qui ont signalé une rémanence plus faible.

Selon l’auteur principal Andrea Meltzer, « nos recherches montrent que la satisfaction sexuelle reste élevée 48 heures après un rapport sexuel, et que les personnes ayant une plus forte rémanence sexuelle – c’est-à-dire les personnes qui signalent un niveau de satisfaction sexuelle plus élevé 48 heures après le rapport sexuel – signalent des niveaux de satisfaction plus élevés plusieurs mois plus tard ». La recherche était basée sur les données de deux études  indépendantes portant sur 214 couples.

Mais l’étude révèle également que certains couples n’ont pas beaucoup de « rémanence » après les rapports sexuels. Plus important encore, la satisfaction conjugale de tous les couples a diminué entre le début et la fin de l’étude, soit quatre à six mois plus tard – bien que ceux ayant déclaré une satisfaction initiale plus élevée aient connu une baisse moindre.

Le déclin s’est donc produit avec le temps, quel que soit le degré de « rémanence ». En fait, cela correspond assez bien à ce que la plupart des couples à long terme vivent – et déplorent. Lorsque une relation décline, elle affecte le vie sexuelle. La conclusion des chercheurs selon laquelle « les fonctions sexuelles permettent de maintenir les couples unis par des liens » fait abstraction de cette réalité : aucune technique sexuelle ni aucun effort visant à redynamiser la passion n’aideront beaucoup en cas de perte de vitalité de la relation.

Qu’est-ce qui peut aider ?

Une relation sexuelle durable est le produit de plusieurs facteurs. Au fil du temps, elle finit par s’aligner sur les valeurs et les perspectives de chacun ; les désirs et les peurs concernant un voyage à deux, par exemple ; les objectifs de vie, individuellement et en couple. C’est essentiellement un lien spirituel, un sentiment d’être sur la même longueur d’onde. Si ce noyau grandit, il créera une relation durable – ce que, selon les recherches, la plupart des couples souhaitent.

Il est utile de voir les trois dimensions d’une relation, chacune renforçant les autres : écoute, partage et création de bonnes vibrations.

En bref, « l’écoute » signifie une communication vraie et authentique entre les partenaires. C’est un processus à double sens : être totalement ouvert à entendre les sentiments, les souhaits, les désirs, les frustrations et les différences de l’autre, sans inhibition ni défense, sachant que chacun a sa propre histoire, ses peurs, ses vulnérabilités. Mission qui se révèle être parfois ardue…

« Le partage » suppose que les partenaires font preuve d’égalité et de réciprocité dans la vie quotidienne, sans vouloir dominer ni se soumettre mutuellement dans des décisions ou des zones de conflit. Dans la prise de décision, en particulier lorsqu’il existe des différences de points de vue, chacun doit penser à ce qui sert le mieux la relation – la visualisant comme une troisième entité.

De « bonnes ondes » intègrent la relation physique à partir de l’écoute et du partage, à mesure que l’un et l’autre se sent plus à l’aise dans une communication ouverte et l’étend à ses désirs et besoins sexuels. Cela nécessite également de prendre le temps et de choisir le cadre nécessaire pour se concentrer l’un et l’autre, physiquement et sexuellement. Créer du temps « adulte » – sans les enfants. Il est clair que les couples qui nouent des relations durables et prospères verront probablement une relation sexuelle / physique comme partie intégrante de celle-ci – en particulier si des problèmes de santé ou autres rendent les rapports sexuels plus difficiles.

Par exemple, une étude de couples âgés de 60 à 80 ans révèle que les couples qui ont des rapports sexuels plus fréquents – y compris toute relation intime, et pas seulement les rapports sexuels – vivaient des mariages plus heureux et plus positifs que ceux qui étaient sexuellement moins actifs. Cette étude a mis en évidence le lien entre la vie sexuelle du couple et sa relation globale.

Et, fait intéressant, des recherches utilisant l’imagerie cérébrale ont montré que les couples plus âgés qui entretenaient des relations positives présentaient des schémas cérébraux indiquant « des similitudes très claires entre ceux qui étaient amoureux de longue date et ceux qui venaient de tomber follement amoureux ».

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