10 August, 2020
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Le féminisme est mort, vive le féminisme !

Pourquoi tant de jeunes femmes ne se disent pas féministes ?

Ces dernières années, les mouvements féministes attirent une attention considérable en Europe et en Amérique du Nord. Alors, pourquoi tant de jeunes femmes disent-elles encore qu’elles ne s’identifient pas au terme ?

Moins d’une jeune femme sur cinq se dit féministe, selon un sondage effectué au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Cela peut paraître surprenant puisque le féminisme – la défense des droits des femmes sur le fondement de l’égalité des sexes – s’est retrouvé sous les projecteurs ces derniers temps.

Au lendemain de l’investiture du président américain Donald Trump, des millions de personnes ont participé à la Marche des femmes 2017, dans le monde entier. L’objectif clé était de mettre en avant les droits des femmes, que beaucoup pensent menacés.

Un autre moment décisif est survenu lorsque plus de 80 femmes ont affirmé avoir fait l’objet de harcèlement sexuel par le producteur de films Harvey Weinstein, – allégations qu’il nie.

Les réactions ont pris une ampleur phénoménale sur les réseaux sociaux. L’actrice Alyssa Milano a suggéré à quiconque ayant été  » harcelée ou agressée sexuellement  » de répondre à son tweet par  » #MeToo « , ressuscitant ainsi un mouvement lancé par Tarana Burke, militante américaine, directrice des programmes au « Girls for Gender Equity », particulièrement connue pour avoir lancé la campagne Me too en 2006.

Un demi-million de personnes ont répondu dans les 24 premières heures et le hashtag a été utilisé dans plus de 80 pays.

De nombreuses célébrités ont publiquement affiché leur le féminisme, notamment l’actrice Emma Watson et la présentatrice de télévision britannique Jameela Jamil, la  » guerrière à la positivité corporelle « , qui ont lancé une campagne pour l’égalité avec les Nations Unies.

Des mouvements comme #everydaysexism ou le discours de l’écrivaine nigériane  Chimamanda Ngozi Adichie « Nous devrions toutes être féministes », ont également touché une corde sensible chez des millions de personnes.

Rejet du féminisme

Ces événements ont tous contribué à attirer l’attention sur le féminisme.

Il est donc peut-être inattendu que le terme  » féministe  » n’ait pas gagné en popularité parmi les jeunes femmes du monde occidental.

Au Royaume-Uni, le nombre de femmes qui se définissent comme telles a légèrement augmenté.

Un sondage YouGov de 2018 révèle que 34% des femmes britanniques se disent féministes, contre 27% en 2013.

La situation est similaire en Europe. Moins de la moitié des hommes et des femmes interrogés dans cinq pays déclarent être féministes. Ce pourcentage varie de 8% en Allemagne à 40% en Suède.

Cependant, les personnes interrogées ne semblent pas rejeter le terme féminisme parce qu’ils sont contre l’égalité des sexes ou parce qu’ils pensent qu’elle a été réalisée.

Aux États-Unis, une étude menée auprès de 27 000 personnes révèle que les deux tiers d’entre eux croyaient en l’égalité des sexes en 2016, contre un quart en 1977.

En Europe, une étude révèle que huit personnes sur dix déclarent que les hommes et les femmes doivent être traités de manière égale à tous égards, et beaucoup s’accordent à dire que le sexisme demeure un problème.

Si beaucoup pensent que l’égalité des sexes est importante et fait toujours défaut, alors pourquoi relativement peu de gens – en particulier les jeunes femmes – se considèrent comme féministes?

Il est probable que le terme ne leur parle pas.

Combattre les stéréotypes

Certains stéréotypes et idées fausses, associés au féminisme, constituent un obstacle.

Dans son introduction à une anthologie récemment publiée, la conservatrice Scarlett Curtis fait référence au stéréotype selon lequel les féministes ne se maquillent pas, ne s’épilent pas et n’aiment pas les hommes.

Ces stéréotypes persistent à travers les âges. Dans les années 1920, les féministes étaient souvent appelées « filles célibataires » et les spéculations sur leurs préférences sexuelles étaient légion. Presque un siècle plus tard, ces vues ont encore une certaine influence.

Après avoir interviewé un groupe diversifié de jeunes femmes allemandes et britanniques dans le cadre de recherches, les associations du terme  » féminisme  » avec les termes « haine », « lesbianisme » ou « manque de féminité » se révèlent être un facteur clé dans les refus du label  » féministe « .

La majorité d’entre elles déclarent qu’elles ne veulent pas se dire féministes parce qu’elles craignent d’être associées à ces caractéristiques.

Alors, comment l’image du féminisme pourrait-elle être améliorée?

Quelle que soit l’étiquette choisie par les femmes, l’indication selon laquelle la grande majorité des gens est favorable à l’égalité – et reconnaît qu’elle n’a pas encore été réalisée – est encourageante mais insatisfaisante.

Le féminisme doit éviter tout clivage et fédérer les femmes, toutes les femmes !

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