Le Désir au féminin

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Entendre les femmes, toutes les femmes ! La règle était simple, « Parlez-nous du Désir, vous êtes libre sur la forme et le fond ». Avec ce courage qui caractérise si bien les femmes, elles se sont prêtées au jeu et le rendu fut une surprise… Le Désir au féminin, œuvre collective parue chez Ramsay éditions.

Désir de vie, désir charnel, mémoire traumatique, vécu des femmes, vie en entreprise, le désir comme source de joie et de plénitude… c’est une histoire de combats, de résilience, de force de vie et de jouissance, qui se dessine.

Le plus important réside dans la question posée par chacune. Quelle liberté d’expression au présent ? Et pour le futur ? À l’ère des nouvelles technologies, de l’omniprésence du monde virtuel, des réseaux sociaux, de l’intelligence artificielle, des relations déshumanisées, l’intériorité humaine reste une citadelle.

Ce collectif est un espace libre, sans frontières. Il y a ici des nouvelles, des poèmes, des essais, des réflexions à la longueur variable, des différences stylistiques, une multiplicité vibrante de mots, de pensées, d’idées, une pluralité de tons, d’images, de vécus, de mondes, de milieux… quand les femmes ont la parole le rendu est beau, singulier, poétique.

Tamara Magaram & Ariana Saenz Espinoza

Interview de Tamara Magaram :

Avec Fabienne et Ermira nous avons édité cet essai car il nous semblait nécessaire de donner une parole vraie, nous faisions le constat que les médias, la presse féminine, ce qui touchait au grand public, donnaient une vision assez détournée du désir, du moins du nôtre, à savoir celui de trois femmes différentes, d’âges différents et d’origines et de cultures différentes.

Aucune de nous trois ne se retrouvait dans le discours admis, et on s’est alors questionnée, qu’est-ce que le désir ? qu’est-ce que mon désir ? Y a-t-il véritablement un désir de femme, notre désir de femme ? est-ce fluctuant ?

L’idée de questionner une trentaine de femmes, qui ne se connaissent pas, qui sont des autrices pour certaines, des femmes travaillant en entreprise pour d’autres, des philosophes, psy… issues de milieux et d’univers différents, nous est apparue. Donner la parole à ces femmes, les laisser éclore face à la question du désir et recueillir le fruit de leur interrogation. C’est un essai qui s’est fait sur plusieurs mois, elles avaient pour certaines 9 mois pour écrire, et la réflexion ne pouvait qu’en être plus mure, plus aboutie, plus juste. Certaines ont décliné, faute d’inspiration, mais elles sont aussi nécessaires à cet essai, car ces silences sont révélateurs de la question du désir.

Le désir est un mystère et même après cette année passée à travailler sur cet essai, il reste un mystère fondamental de l’existence humaine, il permet la vie mais semble intimement lié aux blessures vécues, celles de l’enfance et de l’adolescence en particulier.

Ce que ces textes nous révèlent est riche, il faut les lire, tous, car ils reflètent chacun une part de ce mystère, nous avons été étonnées de recevoir autant de textes liés à la souffrance ou à une blessure d’un vécu féminin, on s’est dit que c’était révélateur, que les femmes avaient trop souffert, depuis la nuit des temps, et que le désir même s’il semble être le strict opposé de la souffrance, il est intimement impacté par ce parcours, ces blessures, qui parsèment les recoins cachés d’une vie de femmes.

Nous avons laissé tous ces textes, tels qu’ils sont apparus, avec les blessures qui parlent, les histoires déçues, les espoirs suscités aussi, certains mettent en avant la dimension du sacré qui prédomine, d’autres textes plus académiques nous enseignent une histoire du désir, le lien entre désir et costumes selon les époques. Des textes nous bouleversent, ceux des jeunes autrices qui parlent de muse au masculin, du monde sadique et abusif de la pornographie, de la mort du désir, du désir homosexuel dans l’adolescence, de la transidentité, du désir qui chavire dans le couple, du désir d’en finir avec la violence conjugale, du désir d’adaptation, de survie, du désir comme une hybridation, la pulsion de vie qui réside dans ces femmes brisées par l’existence, ces femmes de la rue ….

C’est aussi un recueil littéraire, les autrices étaient libres sur la forme, et cela se ressent, un ensemble comme un tissage poétique du désir des femmes, ce livre est à prendre comme un long chant, fait de murmures, de gémissements, de hurlements, de mots qui viennent panser des maux parfois douloureux, que toute femme a ressenti un jour.

Au fil des mois, avec ces rencontres, ces échanges entre femmes, le désir nous est apparu comme une source intarissable de création et de vie, de renouvellement et d’espoir, j’espère que cet essai vous apportera quelque chose, ou éveillera en vous un désir.

Une partie des autrices réunies lors de la soirée de lancement à La Librairie Le Piéton de Paris

Les droits d’auteur sont reversés à l’association le Filon, qui œuvre à Paris auprès des femmes sans domicile.

Depuis plus d’un an, Women Today, (ex-Sarasvatî) et sa Lettre des femmes hebdomadaire explorent toutes les facettes du féminin et du féminisme. Donnent la parole à celles et à ceux qui misent sur la réflexion, plutôt que sur la division, pour éveiller les esprits, faire avancer la parité et reculer les inégalités.

Chaque semaine, son lectorat (60 % de femmes et 40 % d’hommes, toutes générations confondues) s’accroit et porte son message d’engagement positif. Mais parce que Women Today a fait le choix dès le départ de fonctionner sans publicité ni sponsor, nous avons besoin de vous afin de continuer à grandir et faisons appel aujourd’hui à vos dons.

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