Lady Pink, graffeuse new-yorkaise de choc

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Dans le monde clandestin et masculin du graffiti, elle est une figure incontournable.

Elle a la cinquantaine aujourd’hui et certains la surnomment  “La première dame du graffiti”.

Une petite femme toute menue au parcours hors des sentiers battus.

Sandra Fabara nait dans la forêt amazonienne, en Equateur puis grandit dans le Queens, à New York.

A quinze ans, chagrin d’amour. Son petit ami, un graffeur, est interpellé et exilé d’office par sa famille à Porto Rico. Elle a le cœur brisé et commence à écrire son nom sur les murs de son école. Lady Pink est née. Elle étudie au lycée d’art et de design de Manhattan et commence à peindre avec les bandes de TC5 (The Cool 5) et TPA (The Public Animals).

De 1979 à 1985, elle s’attaque aux rames de métro, bombes en main. Elle évolue dans une ville violente et dans un milieu dur, masculin, clandestin. Elle s’impose. Elle est rapidement reconnue comme la seule femme capable de rivaliser avec les garçons de la sous-culture du graffiti.

À l’âge de 21 ans, elle monte sa première exposition personnelle  “Femmes-Fatales” au “Moore College of Art & Design” de Philadelphie.

En 1980, elle est sélectionnée pour l’exposition phare de New York “GAS : Graffiti Art Success”, à “Fashion Moda” puis au “New Museum of Contemporary Art”. Jeune, abordable, à l’esprit vif, l’une des seules femmes graffeuses, Lady Pink devient ainsi l’une des artistes dans son domaine les plus photographiées et les plus interviewées de son époque.

En 1983, elle apparait dans les salles de cinéma dans le rôle principal de Rose dans le film de Charlie Ahearn, “Wild Style”. La même année, elle collabore avec l’artiste Jenny Holzer sur une série de peintures à grande échelle. Le couple collaborera plusieurs fois.

Après 1987, Lady Pink cesse de peindre en plein air, mais elle y reviendra en 1993 après avoir rencontré son futur mari, SMITH, une légende du tag, avec lequel elle travaille en réalisant des peintures murales et des travaux commerciaux.

Ses peintures d’atelier, qui incorporent souvent des images de métros new-yorkais navigant à travers des paysages urbains en décomposition, surréalistes et pop, sont largement exposées à travers les États-Unis et à l’étranger.

Actrice principale de l’essor de l’art fondé sur le graffiti, les toiles de Lady Pink sont entrées dans d’importantes collections telles que celles du “Whitney Museum of American Art”, du “Metropolitan Museum of Art” de New York, du “Brooklyn Museum” et du “Groningen Museum of Hollande”.

On ne parle plus de “sous-culture” et ses peintures sont très prisées des collectionneurs.

Aujourd’hui, Lady Pink continue à peindre sur des toiles. Elle partage également ses 30 ans d’expérience en organisant des ateliers de peinture murale avec des adolescents et en donnant des conférences à des étudiants.

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