La Tribune du 17.2.19

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Mais où les femmes qui font de la politique trouvent elles leur énergie ?

Pour le pouvoir ? Mais les divers sondages à ce sujet disent que les femmes sont plus intéressées par le faire que par l’avoir. Faire avancer les choses, gérer, organiser, obtenir des résultats.

Pour impressionner les garçons ?  Mais les filles n’ont pas les attributs sexuels qu’elles peuvent comparer à la récré, pour savoir qui a la plus longue ou la plus grosse, et leur ambition se place ailleurs.

Pour les attributs du pouvoir ? La bagnole, le chauffeur, le surclassement en avion, la place idéale au resto, le « bonjour  Madame la Ministre, députée, maire et Cie ? C’est sûr, ça facilite la vie, mais ça n’est pas assez motivant.

Ne cherchons pas… Après tout si elles aiment prendre des coups ça les regarde. Parce que « quand on lit ce qu’on lit, quand on voit ce qu’on voit, quand on entend ce qu’on entend »…., ça donne pas vraiment  envie. Mais au fond pour les garçons c’est pareil.

C’est vrai. Mais en l’occurrence ce n’est pas eux qui nous intéressent.

Ce qui frappe en revanche, c’est quand la femme lambda, vous, moi, les autres,  se permet de vouloir parler de politique. Quand elle se permet d’avoir une opinion et de la défendre, quand elle se permet d’aimer ou de ne pas aimer. Pauvre malheureuse…Elle n’a pourtant rien  demandé, elle ne fait que s’exprimer,  avoir une  opinion et la donner, mais voilà « de quoi se mêle-t-elle » ?

Vous avez forcément, un copain, une relation, un ami, un amant, un mari, avec lequel vous avez de temps en temps envie de parler politique.

On va mettre tout de suite le mari et l’amant de côté, parce qu’ils ne veulent pas d’embrouilles, donc ils vont lâchement préférer ne pas être « mêlé à ça ».

Mais les autres… Des garçons apparemment cultivés, éduqués, drôles, sympas, que vous avez choisis, que vous estimez, eh bien parler avec eux de politique devient un méga débat de beauf,  du vrai beauf de souche, garanti « made in France ».

Non mais sans blague, alors toi tu t’intéresses à la politique, c’est bien tu fais des progrès. Ah oui c’est vrai tu l’aimes bien le petit blondinet qui est à la tête de la France, tu lui dirais bien deux mots ?

Consternant.

Ben non précisément, il  n’est pas du tout mon genre. Moi je préfère le genre toréro Andalou ou Catalan, je ne sais plus, à l’œil noir, et à la démarche nerveuse. Je suis pas très fan du petit blond qui se love dans les bras et  contre le torse luisant d’un fan, le regard extatique.

Donc il faut déjà passer la barre la plus débile qui soit, les allusions sexuelles degré zéro de la réflexion.

S‘en suivent quelques remarques  condescendantes du type mais d’abord t’y connais quoi toi à l’économie, tu sais ce que c’est  la théorie du ruissellement ? Ben oui il se trouve que je connais, j’ai fait de l’éco en fac….etc..etc… Je nous épargne le reste.

Pathétique.

Ils ne vont pas aller jusqu’au « retourne dans ta cuisine » d’autant que depuis quelques années ils se piquent la faire.

Mais s’ils se laissaient aller…

Et la ministre x, tu l’as vue la ministre x, avec ses cheveux dégoulinant dans son décolleté, et la vieille  qui vient nous faire la morale, elle ferait mieux de s’occuper de ses points de retraite mémère.

Foudroyant.

Alors, pour en revenir à notre énergie féminine, eh bien non, non je n’envierai jamais une femme politique, même si c’est chic pour le cv, je n’ai aucune envie de me punir !

J’aurais voulu être une artiste, pour pouvoir être une anarchiste et vivre comme une millionnaire, et surtout pour avoir tous les attributs du pouvoir, et en plus rire,  rire, m’amuser, profiter, et jouir de la vie !

Autrement plus rigolo que d’être une femme politique!

Dody, femme journaliste presse écrite, radio, télévision et éditrice

© Crédit photo Valérie Broquisse

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