La Tribune du 10.2.19

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Devinette : de qui provient ce journal de bord d’une femme que vous et nous connaissons et que nous décrivons ci-dessous ?

Quel bonheur cette merveilleuse nuit passée sur ce matelas magique (ou était-ce un nuage ?) qui me permet de dormir aux cotés de mon chéri  « sans redouter ses mouvements » (mais élimine-t-il les ronflements ?).

Ainsi, dès potron-minet, je me lève pétillante et pimpante après et grâce à ma lotion douche exotique aux effluves « apaisantes et soyeuses ».

Et comme chaque matin, je le sais, j’affirme ma féminité en pressant mon orange. Oui, rappelez-vous, mon presse agrume «  libère la femme ! ».

J’avale d‘un trait mon nectar de liberté car maintenant je m’empresse de retrouver mon ami ! Oui bien entendu, « l’ami du petit déjeuner » avec qui vous aussi entretenez d’excellentes relations chaque matin, souvent au profit des autres qui vous laisseront comme signes de reconnaissance, sur la table, les traces de l’amitié.

Zut, le temps passe, avant de partir, une petite escale technique au bout du couloir. Et c’est sans doute imbécile mais assise, seule, sur mon seul trône, soudainement je suis prise par l’émotion en posant mon regard sur ce petit mot d’amour « La fête des mères qui fait enfin plaisir aux mamans ». Un instant tendresse, délicatement apposé sur le paquet de papier toilette qui offrait, gratuitement, deux rouleaux à cette occasion !

Ce moment de tendresse passé, il est temps de partir et je m’empresse de rejoindre mon auto quand Ô catastrophe, je réalise qu’il me faut changer de voiture ou changer de vernis car le vendeur me le rappelait « votre voiture accordée à votre vernis. »

Pas le temps pour la manucure, je vais me rendre à mon rendez-vous en métro. Me voici sur le quai et afin de m’assurer du prochain changement je cherche un plan qui s’affiche devant moi en quatre par quatre. Je regarde attentivement, interloquée par cette nouvelle ligne que je ne connaissais pas avec les noms de stations tels que « Denfert-Popotin, Peau d’Orange, Place du Petit Bedon… ». Décidément, je n’aime pas cette nouvelle « ligne… ».

Après cette journée de rendez-vous, je dois passer voir ma banque avant de rentrer à la maison. Passage délicat au regard de la balance déficitaire et chronique de mon compte. Et j’ai une stratégie infaillible car je sais comment me faire aimer de mon banquier : je vais entrer dans son bureau, me dévêtir car « mon banquier me préfère à découvert » et ainsi le tour est joué… !?

A peine sortie de l’agence bancaire, je regarde ma montre « l’heure des mamans, 16h35 » en tout cas pour celles inspirées par un certain style. Quelle mère indigne, je suis encore en retard, je ne pense qu’à moi.

De retour dans ce doux foyer, je me dirige au « cœur de la maison », la cuisine, si belle et unique grâce à mon installateur qui m’avouait : « Notre plus beau projet, c’est le vôtre ». Et précautionneusement rangé dans le coin, ce bel aspirateur qui cette année m’avait déclaré « Joyeuse Saint Valentin aux Mamans ! ».

Et surprise, mon magazine féminin est arrivé comme chaque semaine afin de me nourrir intellectuellement, spirituellement et développer mon gout affirmé pour la connaissance. Me voici comblée, je savoure La page « culture… » qui ainsi promet de me nourrir par cette thématique inattendue mais vitale : « Vacances au ski : quelle station est faite pour vous ? ».  

A cet instant, pas le temps de me concentrer sur ces sujet de fond. Aussi avant de concocter un plat d’amour, car ne le saviez-vous pas, « le bonheur est dans la vrai » quand je cuisine et avant de me dédier à cet acte de générosité, j’ouvre le réfrigérateur et me saisis de cette petite bouteille verte d’eau pétillante, un peu folle, française, qui ressemble à un culbuto…

Néanmoins et afin de profiter pleinement des bienfaits de cette eau de source naturelle aux bulles chatoyantes, je me plie aux règles de l’art, prescrites et recommandées par le sourcier dans le spot télévision.

Ainsi, je me maquille, sobrement mais avec un rouge à lèvres carmin, enfile mes souliers de princesse, me vêtis de ma belle robe de soirée en soie birmane pailletée et… négligemment, verse le contenu de la bouteille sur mon épaule nue…

C’est magique, je n’ai rien bu mais je suis désaltérée, ma robe part chez le teinturier, je dois me démaquiller et pour finir passer la serpillère afin d’éponger toute cette eau ! C’est fou !

Cette personne c’est nous, c’est VOUS ! Dépeinte, décrite, imaginée, fantasmée, cataloguée, répertoriée, infantilisée par la publicité… Ainsi la femme est-elle rarement estimée, trop souvent caricaturée.

Est-ce bien vous, nous ?

Affirmatif, au regard des spots publicitaires que nous citons scrupuleusement dans leurs contextes respectifs.

 

 

 

Depuis plus d’un an, Women Today, (ex-Sarasvatî) et sa Lettre des femmes hebdomadaire explorent toutes les facettes du féminin et du féminisme. Donnent la parole à celles et à ceux qui misent sur la réflexion, plutôt que sur la division, pour éveiller les esprits, faire avancer la parité et reculer les inégalités.

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