La Tribune du 03.3.19

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Michael John Dolan, Sarasvati

L’humour féministe est-il un oxymore ?

L’idée reçue serait que les féministes n’ont aucun sens de l’humour.

Lorsque la journaliste Barbara Walters réalise un reportage sur les hommes et les femmes au Koweït, avant la guerre du Golfe, elle remarque que les femmes marchent généralement trois mètres derrière leurs maris. En retournant au Koweït pour un autre reportage, elle constate que désormais les hommes marchent plusieurs mètres derrière leurs femmes.
Elle aborde l’une d’entre elles : « C’est fantastique ! Pourriez-vous dire au monde libre comment les femmes d’ici ont réussi à inverser les rôles ? »
Réponse : « Les mines anti-personnel. »

« Le mouvement féministe ne semble pas propice à façonner un humour féminin émérite, ni quantitativement ni qualitativement ». Selon J. B. Priestly (auteur britannique) « En cas de réussite, il ne nous offrira probablement qu’un certain nombre de femmes devenues des hommes de second ordre ». Certains pensent même que non seulement les féministes mais toutes les femmes sont totalement dépourvues du sens de l’humour. 

Ainsi l’idée reçue serait que les féministes n’ont aucun sens de l’humour. Certaines féministes le confirment, tout en soulignant avec force que la cause du féminisme est bien trop importante pour être banalisée avec des blagues. Cependant, la plupart des féministes se plaignent de ce stéréotype contre-productif.

Dans presque tous les pays, il y a des blagues sexuées. Elles se cristallisent par exemple autour de la voiture et il s’agit souvent de l’incapacité des femmes à se garer convenablement : « si on allait à pied jusqu’au trottoir ? », ou du refus absolu des hommes de demander leur chemin : « Christophe Colomb a-t-il eu besoin d’un passant pour s’orienter ? ». Confortée par des sondages quasi scientifiques, cette lutte bon enfant véhicule des idées reçues sur les deux sexes et des blagues – qui pourra le nier ? – qui nous font souvent rire, femmes et hommes.

Cela dit, le rire reste trop souvent l’apparat de privilégié(e)s. Dans la plupart des pays, la discrimination vers les femmes prend des formes quelquefois meurtrières, souvent cruelles mais jamais innocentes. Contrairement à une image trop répandue, le féminisme n’est pas une philosophie belliqueuse ou ardue : il est plutôt généreux, ayant pour but d’étendre à tout être humain une liberté trop souvent refusée aux femmes. Dans ces conditions, le rire peut-il accomplir des prodiges, sans un arrière-goût amer ?

En guise de conclusion et de morale, Sarasvati vous délivre aujourd’hui un scoop, une vérité cachée au monde depuis des millénaires…

En effet, nous avons récupéré des enregistrements d’époque (que nous ne pouvons pas vous diffuser car dissimulées par certaines plus hautes autorités) sur lesquelles nous voyons, entendons distinctement la Vierge Marie, en pleurs, confier à Joseph « j’aurais préféré une fille ! ».

Depuis plus d’un an, Women Today, (ex-Sarasvatî) et sa Lettre des femmes hebdomadaire explorent toutes les facettes du féminin et du féminisme. Donnent la parole à celles et à ceux qui misent sur la réflexion, plutôt que sur la division, pour éveiller les esprits, faire avancer la parité et reculer les inégalités.

Chaque semaine, son lectorat (60 % de femmes et 40 % d’hommes, toutes générations confondues) s’accroit et porte son message d’engagement positif. Mais parce que Women Today a fait le choix dès le départ de fonctionner sans publicité ni sponsor, nous avons besoin de vous afin de continuer à grandir et faisons appel aujourd’hui à vos dons.

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