La mort lente de l’écriture manuscrite

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L’écriture implique non seulement la main et le poignet mais également le bras, l’épaule, parfois tout le corps.

Les lettres manuscrites, dont on reconnaissait l’auteur, avant même d’avoir ouvert l’enveloppe, et que l’on conservait comme des reliques, apparaissent aujourd’hui d’un autre âge.

Désormais place aux SMS et courriels, aux graphies impersonnelles qui s’effacent d’un clic ! Avec la multiplication des outils électroniques mobiles, la pratique de l’écriture à la main se raréfie.

Certains estiment que c’est une bonne chose : ils mettent en avant la souplesse du copier-coller, l’utilité de la correction orthographique, la clarté de la présentation, la lisibilité du texte et la rapidité de l’envoi. D’autres, au contraire, regrettent la beauté singulière de l’écriture manuscrite.

Pour certains, écrire en lettres d’imprimerie voire uniquement sur ordinateur va pousser tout le monde à écrire de la même façon. Or l’écriture cursive « fait partie de l’identité et de l’estime de soi » estime Eldra Avery, professeur de langage et de composition dans un établissement californien. « Il y a quelque chose d’unique et de personnel dans une lettre en cursive. »

Jacques Gilbert, maître de conférences en littérature à l’université de Nantes, est sur la même longueur d’onde. « Dans l’écriture manuelle, le corps s’exprime, on voit si le scripteur était en colère, heureux, pressé. Le lecteur peut imaginer la personne et reconnaître dans sa graphie manuscrite dans quel contexte émotionnel elle a été produite. L’écriture sur écran renvoie une image distante. »

Globalement, les défenseurs de l’écriture cursive et de l’écriture manuelle en général considèrent que cela permet de mieux développer le cerveau et que cela contribue à améliorer la motricité et la coordination. Qui plus est, pour certaines personnes, même habituées à l’environnement informatique, écrire sur papier aide à mieux organiser ses idées, ses projets. De plus, mais l’argument est ici plus anecdotique, cela permet aussi d’avoir une signature propre, personnalisée, identifiée.

Quand bien même plus tard, dans la vie active, cette écriture ne serait quasi plus utilisée (ce qui est une réalité pour bon nombre d’entre nous déjà aujourd’hui), l’avoir apprise dans notre jeunesse aurait donc façonné notre façon d’aborder l’écriture bien sûr, mais aussi notre personnalité.

Et vous, écrivez-vous toujours ?

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