Journée mondiale Alzheimer : pourquoi les femmes sont plus à risque que les hommes ?

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Actuellement, les femmes âgées ont plus de risques que les hommes de développer une démence, comme la maladie d’Alzheimer. Un phénomène qui s’expliquerait en partie par un moindre accès aux études des femmes nées entre 1920 et 1940.

Les femmes âgées ont actuellement un risque 50% plus élevé que les hommes de développer une maladie d’Alzheimer. Plusieurs facteurs de risque pour cette maladie sont déjà bien connus comme les maladies cardiovasculaires, le manque de sommeil ou un mauvais régime alimentaire. Mais c’est au lien entre démence et niveau d’études que les chercheurs de l’Inserm et l’équipe EpiAgeing du Centre de recherche épidémiologique et statistiques à Université de Paris se sont intéressé.

Comme ils l’expliquent dans une étude publiée dans le Lancet public health, la génération actuelle des personnes très âgées est née dans les années 1920-1940. A cette époque, peu de femmes avait accès aux études supérieures. Et c’est cette inégalité d’hier qui influerait sur les capacités cognitives d’aujourd’hui. Pour tester cette hypothèse, ils ont comparé les capacités cognitives au cours du vieillissement de femmes et d’hommes en fonction de leurs niveaux d’études sur plusieurs générations.

La bonne nouvelle, c’est que depuis les années 60, , les portes des universités se sont ouvertes plus largement et de façon plus égalitaire aux femmes, de sorte que le niveau d’études de ces dernières a fini par rattraper quasiment celui des hommes dans les pays développés. Les capacités cognitives des femmes se sont améliorées et à plus long terme, les chercheurs estiment que les inégalités hommes/femmes face au risque de démence pourraient diminuer.

Deux autres hypothèses : génétique et biologique

Une autre hypothèse pour expliquer pourquoi les femmes sont plus à risque face à la maladie d’Alzheimer a été présentée en 2019 à la Conférence internationale sur la maladie d’Alzheimer qui se tenait à Los Angeles. Selon les scientifiques, c’est la piste génétique qui doit être explorée. À l’Université de Miami, des chercheurs ont analysé les gènes de 30 000 personnes (la moitié d’entre eux atteints de la maladie d’Alzheimer, l’autre moitié non) et ont découvert quatre gènes qui semblent liés à un risque différent de la maladie selon le sexe. Mais ils doivent maintenant pousser leurs recherches pour découvrir la façon dont ces gènes influent sur le risque d’Alzheimer.

Tandis que pour les chercheurs de l’Université Vanderbilt, dans le Tennessee (États-Unis) la raison pour laquelle il y a plus de femmes que d’hommes atteints de la maladie d’Alzheimer tiendrait à la façon dont la protéine tau, une protéine qui détruit les cellules nerveuses, se propage dans le cerveau des femmes. Ces chercheurs ont en effet constaté que les réseaux de protéine tau chez les femmes atteintes d’une déficience légère étaient plus diffus et dispersés que chez les hommes, ce qui suggère que davantage de zones du cerveau seraient touchées.

Sources :

Sex differences and the role of education in cognitive ageing: analysis of two UKbased prospective cohort studies, Lancet public health, janvier 2021

TopSanté

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