Être et paraître

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L’apparence physique est la façon dont on s’apparaît à soi-même, mais aussi la première impression que l’on offre à l’autre.

Dans peu de temps, les plus chanceux auront sans doute à affronter les plages et la vision de leur corps en maillot de bain dans le regard de ceux et celles qu’ils y croiseront. Or, que lit-on dans le regard de l’autre lorsque l’on se sent diminué par des kilos anarchiques accumulés au fil des saisons ou des années, ou par un vieillissement physique – des bras aux chairs qui ballotent, un décolleté fripé et tavelé –, une apparence qui ne correspond pas à son état psychique ?

Difficile de se cacher derrière une longue djellaba à moins de renoncer aux bienfaisants bains de mer ou de piscine (je rappelle que le burkini est interdit dans les piscines municipales !) ; et mieux vaut éviter de dissimuler son visage sous une longue mèche de cheveux, une frange démodée, des lunettes démesurées, voire des couches excessives de maquillage, par ces chaleurs estivales !

 Tourmentés par un ou plusieurs complexes, on ne peut cependant profiter pleinement de ces moments joyeux de nos vies. En effet, il faut une grande force de caractère et une confiance en soi très affirmée pour supporter ses disgrâces physiques repérées (à tort ou à raison) dans son miroir et dans le regard des autres.

L’apparence physique est la façon dont on s’apparaît à soi-même, mais aussi la première impression que l’on offre à l’autre.

Aujourd’hui, si le virtuel peut changer la donne et nous mystifier avec les nombreuses applications qui permettent de retoucher ses photos, le jour où l’on rencontre l’autre réellement, c’est notre visage et notre enveloppe corporelle qu’il voit et en fonction desquels il va réagir en partie. Cette apparence physique nous relie aux autres, et l’estime de soi se construit, pour une grande part, dans ce rapport à l’autre.

La demande des personnes souffrant de leur apparence extérieure, à moins de désordres psychologiques sévères, est toujours légitime, et les solutions que peut leur offrir la chirurgie esthétique sont nombreuses et très au point.

La chirurgie esthétique est devenue une aide incontournable et nécessaire dans de nombreux cas, puisqu’elle donne accès à une meilleure image de soi correspondant davantage à celui ou celle que l’on « est » intérieurement, en permettant la correction durable de beaucoup de ces disgrâces physiques.

Qui peut nier que la beauté aide à la réussite personnelle et cela, dès la vie scolaire, puis dans la vie sociale et professionnelle. Dans un monde où l’image prend tant de place, la beauté, si elle ne peut évidemment suffire, facilite la vie dans de nombreux domaines. Pour réussir, il est nécessaire de pouvoir/savoir séduire et les comportements de séduction ont aussi pour fonction d’améliorer l’estime de soi. 

Elle est cependant souvent décriée à tort, car on n’en retient que les ratés et cas les plus rares et extrêmes. Le plus couramment parce que l’on pense avant tout à ces faces de poisson-lune croisées lors de nos promenades (qui abondent dans certains arrondissements de Paris et sur certains de nos écrans) : bouches aux lèvres ultra pulpées, démesurées ; yeux de carpes figés et sans expression ; front si lisse qu’aucune émotion ne peut s’y détecter ; pommettes ridiculement redessinées – et j’en passe – ; expressions d’un abus d’actes, d’injections de Botox, acide hyaluronique, ou propre graisse prélevée, traitée et réinjectée.

« Le mieux est l’ennemi du bien » dit-on communément, et rien n’est plus juste en matière d’esthétique. Une opération est réussie si on ne la remarque pas. Les « Tu as une mine superbe ! », « Tu reviens de vacances ? », « Tu as fait quelque chose à ton visage ? » intrigués ne trompent pas : c’est une réussite ! Un nez doit se fondre dans un visage, un lifting être naturel, des seins adaptés à sa silhouette, une liposuccion harmonieuse, etc.

Sain d’esprit, nul ne se fait opérer par plaisir ou addiction, mais pour mieux vivre, se sentir plus libre, oublier un défaut qui complexe, diminue son estime de soi. On le fait pour soi et pour se sentir davantage en accord avec son moi intérieur.

Mais on peut également très bien vivre avec son nez imparfait, ses rides évoquant des rires et souvenirs heureux, un petit ventre distendu par une grossesse ou de bons repas. Les réels charme et séduction n’ont rien à voir avec une perfection forcément imaginaire, mais plutôt avec un bien-être intérieur qui se reflète alors à l’extérieur.

La chirurgie esthétique peut changer une vie en mieux quand l’indication est bien posée et comprise, mais elle n’est nullement obligatoire. On peut vivre belle et épanouie sans avoir jamais recours au bistouri et aux injections existantes. Chaque cas est unique. Vous êtes unique. C’est votre singularité qui est belle, la façon que vous avez de vous réinventer au fil du temps qui passe, la façon dont vous aurez appris à vous affirmer et vous assumer avec votre complexité, avec ou sans l’aide de la chirurgie esthétique.

Frédérique Flamand, auteur Coauteur, avec le Dr Éric Plot, de « La chirurgie du bonheur » (Éditions du Panthéon)

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