Deux tiers des lycées n’ont pas de référent égalité, un dispositif pourtant obligatoire

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La création du « référent égalité » était l’une des 10 mesures « phares » du gouvernement pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Mais rares sont les lycées à avoir suivi la consigne.

VIOLENCES SEXUELLES – Profession : référents égalité dans les établissements scolaires. Objectif du gouvernement : “assurer la transmission de la culture de l’égalité”. Réalité : trois ans après, moins d’un lycée sur trois a réellement un poste dédié à cette “grande cause” du quinquennat, selon l’enquête de l’organisation “#NousToutes publiée ce lundi 8 novembre.

1000 lycées privés et publics sur les quelque 4000 de France, ont été sondés en juin 2021 par l’association de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. 720 ont répondu à la question “avez-vous une référente égalité ?”. Et les résultats sont sans appel : 68% – 492 établissements – ont répondu “non”, contre seulement 32% de “oui”, soit 228 lycées.

Dans le détail, l’absence de référents égalité est particulièrement marquante dans les établissements privés : seuls 11% en sont dotés, contre 41% dans le public. La disparité régionale est aussi frappante : une seule région (la Normandie) peut se vanter d’avoir un référent dans plus de la moitié de ces lycées. 

“Dans l’immense majorité des lycées français, la loi n’est pas appliquée. La lutte contre les violences, encore une fois, passe à la trappe”, dénonce #NousToutes dans un communiqué cinglant. 

“C’est moi la référente ! Mais je ne sais pas ce que c’est”

La généralisation des référents égalité a été officialisée le 8 mars 2018. La mesure apparaît en premier dans la liste des “10 mesures phares” élaborées par le Comité interministériel chargé de travail sur l’égalité femmes-hommes. En novembre 2019, le dispositif a même été élargi aux administrations du service public.

Mais son application concrète reste laborieuse, en grande partie à cause du manque de moyens alloués, selon #NousToutes. “De nombreuses référentes et nombreux référents nous ont dit manquer de temps disponible pour exercer leur mission. Le titre de référent leur est donné sans que ne soient prévues des heures de délégation pour assurer la mission” déplore l’association, qui cite à titre d’exemple certaines réponses entendues pendant l’enquête.

Certaines témoignent de la faiblesse des “moyens financiers et matériels”, d’autres du manque d’intérêt voire de la méconnaissance absolue du sujet dans certains établissements : “C’est moi (le/la référent-e)! Mais je ne sais pas ce que c’est, je veux bien des infos !”, rapporte le communiqué de #NousToutes.

Ou “Ah non, non, on n’a pas ça nous ! Vous savez ce genre de choses c’est sûrement encore un nouveau chantier, on n’a pas le temps !”. Ou encore : “Non, nous ne sommes pas intéressés, nous sommes une école de filles” – sous-entendu, la question des violences sexuelles ne se pose pas.

“Ce constat témoigne de l’absence de volonté politique criante sur le sujet de l’égalité filles-garçons au sein des établissements scolaires”, dénonce l’association féministe, qui réclame des “moyens et ressources supplémentaires” pour “permettre aux référents de mener leurs missions”.

Source : Huffington Post

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