Des photos de bébés au sein en soutien à cette mère, giflée pour avoir allaité son bébé en public.

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Sur le web comme ailleurs, elles sont nombreuses à joindre l’image à leur indignation, pour soutenir et applaudir Maylis, cette mère bordelaise qui a osé porter plainte après avoir été agressée pour avoir simplement donné le sein à son bébé.

Qu’est-ce qui est en jeu dans cette histoire qui esta rrivée à la jeune maman bordelaise Maylis, et qui vaut la mobilisation de tant de femmes ? 
En premier lieu, la liberté et des femmes particulièrement. Oui, de l’avis général, nous serions favorables à l’allaitement maternel mais, sans doute, s’il se fait à la maison bien caché. Autrement dit, si la femme s’interdit toute sortie ou activité en se dédiant, la journée durant, à sa maternité.

Pourtant, si ces mamans ont choisi l’allaitement, c’est déjà une démarche qui induit un certain nombre de contraintes quelles soient physiques, alimentaires, vestimentaires, de mouvements, d’activité, et qu’elles ont intégrées pour le bien-être de leur enfant. Faut-il qu’elles subissent également une phobie sociale, des regards réprobateurs et maintenant des coups ?

Giflée pour avoir allaité son bébé

L’histoire est relatée par Maÿlis elle-même qui se confie sur le site Doctissimo.  Elle a tout simplement été giflée par une dame parce qu’elle avait, discrètement dit-elle, donné le sein à son bébé de six mois pour le calmer, alors qu’elle était dans une file d’attente d’un relais colis. Une autre femme, âgée, aurait même félicité l’agresseuse et il n’y aurait eu aucune réaction de la part des autres clients. Elle est encore choquée de ce qu’elle vient de vivre, de la non réaction voire approbation de ceux qui ont assisté à la scène, mais également de l’accueil de la police qui reçoit finalement sa plainte.

L’histoire a ému bon nombre de lecteurs, internautes, hommes ou femmes d’ailleurs.

#IWantToBreastFree, des soutiens en ligne

Depuis le 19 mai, une page de soutien a été créé par une amie de cette mère. Mais sur Facebook, elle bénéficie également du soutien de beaucoup de femmes qui ont tenu à partager une image d’elle et leur bébé via le hashtag #soutienamaylis, face à la violence et surtout le dénigrement auxquels a dû faire face Maylis.

Des publications venus de partout et parmi elles, celle d’une maman avec le joli slogan #iwanttobreatsfree (je veux nourrir au sein librement) qui est également un clin d’oeil au tube du groupe Queen « I want to break free ».

« Comme beaucoup d’entre vous, j’apporte mon soutien à Maÿlis », « qui a eu le courage de porter plainte, s’est vue répondre par un policier que c’était aussi sa faute si elle avait été agressée. Il lui a aussi demandé à « quel pourcentage » son sein était découvert« .

Par cette publication, elle souhaite rappeler à chacun que « nourrir notre bébé est notre droit le plus fondamental et la chose la plus normale qui soit. Chaque maman doit avoir le droit d’allaiter partout et tout le temps, quand son bébé en a besoin ».
« AUCUNE maman ne prend du plaisir à exhiber un sein en public. Elle nourrit simplement son bébé qui ne fait pas la différence entre un supermarché, un train, un relais colis ou la terrasse d’un café. Il a juste faim, point
« .
Ou encore la réaction de Marianne qui estime que « l’allaitement n’a rien d’obscène », et n’est pas non plus une »exhibition sexuelle ».

A Londres, New York, en bateau, … Isabelle, Mélissa ou Manon posent comme pour faire un clin d’oeil à la maman bordelaise. Un rien militantes. 

Au-delà de ces soutiens féminins, des hommes aussi réagissent dans les commentaires, argumentant être choqués, à leur tour, que cette agression vienne d’une femme, « en plus ». Sans parler du peu de réaction ni secours apportés à une femme et son bébé, victimes d’une agression.

Allaitez, partout, tout le temps

En attendant, comme le rappelle l‘article publié ces jours-ci par l’association la leche league France« On peut allaiter partout tout le temps ! », qui relaie notamment une interview de la juriste Martine Herzog-Evans, auteure d' »Allaitement maternel et droit », éditions l’Harmattan.

On considère en général que c’est une geste naturel, mais devant ce type de réaction faut-il légiférer ou encadrer cette « liberté »?
La juriste répondait à l’époque : « Certains États l’ont fait, pour que l’allaitement en public soit clairement autorisé par la loi. C’est le cas pour les États-Unis, l’Australie. Moi, je ne suis pas pour. Pourquoi autoriser un acte qui n’est pas interdit ? Selon moi, s’aventurer sur cette pente serait admettre qu’on a déjà perdu du terrain« .
 

Et si c’était l’occasion de reparler de l’allaitement ?

Une agression choquante mais qui fait écho à un paradoxe de notre époque. On n’a jamais autant communiqué sur les bienfaits de l’allaitement maternel, même si le désir des femmes d’allaiter ou non est enfin entendu. Car même si un allaitement maternel est toujours la meilleure alimentation pour les nouveaux-nés, on sait qu’il faut qu’il soit bien vécu par la mère. 

Aujourd’hui en France, le thème de l’allaitement fait partie des sujets abordés lors des cours de préparation à l’accouchement auxquels toutes les mères ont accès au cours de leur grossesse. Et elles peuvent bénéficier d’un accompagnement dans leur démarche pour alimenter leur bébé, qu’elles choisissent ou non de le nourrir au sein ou au biberon.

L’allaitement est recommandé car il partage, via le lait maternel, bon nombre d’anticorps de la maman renforçant les défenses immunitaires du bébé. On dit qu’il participe également, via le mélange des odeurs maternelles et infantiles ainsi que le goût, aux tous premiers liens mère-enfant.

Changer l’image de l’allaitement

Cette démarche positive de partager des clichés tendres de duos mère-enfant anonymes, semble la meilleure des défenses. Une question d’image ou de communication. Une fois encore, ces femmes n’ont pas envie qu’on leur dise ce qu’elles doivent être ou paraître. Elles savent aussi ce qui est le mieux pour leur enfant.

Déjà, il y a quelques années, des initiatives telles que « la grande Tétée » invitait le grand public à voir ces femmes souvent contraintes de se cacher. L’occasion de clichés pourtant plutôt réussis…

Une page Facebook partage également des photos parfois décalées, mais finalement modernes, des femmes qui conjuguent maternité et activité professionnelles ou… sportives ! C’est aussi un moment intime souvent partagé par les stars comme a pu le faire notamment Marion Cotillard le 10 mai dernier…


On peut également s’interroger sur le rapport au corps de l’autre : quelle est cette société qui valorisent des corps de femmes dénudés sur papier glacé, photoshopés ou encore dans des clips ? Mais qui s’insurge, se « choque » d’un geste personnel et naturel qui, par ailleurs, est préconisé par toutes les instances sanitaires ! 

France 3 Aquitaine / Photo Adobe Stock

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