8 August, 2020
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Des modèles positifs avec lesquels les générations futures pourront grandir

Il y a environ deux mois, ma route a croisé presque par hasard celle de Women Today, qui s’appelait encore Sarasvati, au détour d’une tribune sur la condition de mamans free-lances que j’ai proposé d’écrire à Michael-John Dolan, le créateur de ce site et de la Lettre des Femmes dont vous aurez lu les lignes plus haut.

Depuis, la contributrice d’un jour de Women Today que j’étais a eu la chance d’en devenir la journaliste attitrée. Et de s’immerger dans un grand bain d’idées stimulantes, d’émulation intellectuelle et d’échanges enrichissants au sein d’une équipe aussi éclectique que soudée, loin des imprécations et des jugements réducteurs qui sont aujourd’hui la règle dans l’espace public, notamment sur les réseaux sociaux. Avant de mettre le pied ou plutôt d’embarquer ma plume sur ce beau bateau qu’est Women Today, je me pensais raisonnablement féministe parce que j’ai l’habitude de poursuivre mes rêves professionnels ou extra-professionnels et m’y arrimer jusqu’à ce qu’ils réalisent, sans me formaliser des conditionnements négatifs que l’on a tendance à distiller implicitement concernant les femmes et pour les mères. Parce que j’ai réussi à dépasser certains archaïsmes familiaux sur la place que je suis censée avoir. Parce qu’enfin, je crois depuis toujours à la force salvatrice de l’empathie, tout spécialement à celle à celle qui relève de la sororité

Mais Women Today m’a fait effectuer une sorte de mea-culpa. J’ai compris qu’avancer ses petits pions à soi n’était pas suffisant, qu’il fallait penser avec le « nous », le nous incluant évidemment femmes et hommes ensemble et surtout pas la manière de barricades que l’on érigerait entre les unes et les autres. Que le débat est une prise de risque, celle qui consiste à s’exposer et à potentiellement être critiqué(e), mais que rien d’efficace ne se faisait sans lui. Que les prises de parole féminines et féministes, y compris sur ce qui semble évident ou presque acquis, étaient importantes pour ne pas dire cruciales car c’est toute une éducation qu’il reste à faire et de résistances résiduelles qu’il faut vaincre au sein de la société. Pourquoi encore accepter ainsi sans ciller qu’aujourd’hui 64% des tâches domestiques et 71% des obligations parentales soient encore actuellement assumées par les femmes ? Comment comprendre, au XXIème siècle, que les écarts de salaires continuent à être aussi élevés entre les deux sexes ? Dans un pays qui n’a nommé une femme Premier ministre qu’une seule et unique fois il y a près de trente ans et jamais élu de présidente, est-il concevable de se sentir, même à minima, représentée par notre corps politique ? Et que dire de nos propres croyances limitantes qui font qu’on s’interdit, parfois dès l’enfance, certaines voies, certains choix, certains rêves ?

Il y a tant de pistes à creuser pour que l’on puisse faire bouger les lignes et offrir des modèles positifs avec lesquels les générations futures pourront grandir… De quoi cogiter pendant l’été, que je vous souhaite de vivre intensément ou paresseusement, selon vos envies.

A bientôt pour une rentrée très Women Today !

Bénédicte Flye Sainte Marie, journaliste, Women Today

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