24 November, 2020
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Ciel, un péril mortel de plus : l’Académie!

Le COVID, une plaie pareille, ça ne peut être que féminin!

La voilà qui ajoute au désordre ambiant en nous traitant (une fois de plus) d’imbéciles: nous n’aurions pas compris qu’il faut parler de la COVID. C’est sûr, une plaie pareille, ça ne peut être que féminin!

Elle nous dit ça de son ton docte dans sa fameuse rubrique bien rance, “Dire, ne pas dire”, comme si elle s’était mise au boulot, comme si elle détenait le moindre savoir en matière de langue! Ah, c’est que l’heure est grave: le masculin est en danger! C’est la seule chose capable de réveiller ces vieux schnocks (je cite Pierre Perret dans “le zizi”, hein, je n’oserais pas, autrement).


Evidemment, une fois de plus, ils se trompent. Car pourquoi faudrait-il que « desease » soit traduit par un féminin? On sait (enfin, les linguistes savent) que les mots étrangers sont francisés en fonction de leur sonorité. Quand ça se termine par un a (pizza) ou des finales qu’on reconnait comme relevant du féminin en français (-ty, -tion…), on les range dans le genre féminin. Quand ça se termine par autre chose, on en fait des masculins. COVID n’a aucune raison d’être adopté autrement que sous les habits d’un (méchant) garçon.


Ce n’est hélas pas la première fois que les académiciens cherchent à faire marcher le français sur la tête: voilà près de 400 ans qu’ils entravent son fonctionnement normal avec pour principale boussole le masculinisme. Les anglicismes, par exemple, ils s’en foutent. Car tant qu’à dire leur mot, ils auraient pu proposer un terme français alternatif au COVID19, non? Eh ben non. Ça sera pas encore pour cette fois.

On va encore les payer longtemps pour qu’ils nous crachent dessus ?

Eliane Viennot, Professeuse émérite de littérature française

L’Académie contre la langue française

« Porte-bannière des partisans du « genre le plus noble », l’Académie mène depuis le milieu des années 1980 une croisade contre la « féminisation », en dépit des besoins langagiers d’une société où l’égalité des sexes progresse – en dépit, surtout, des logiques de la langue française et des évolutions à l’ouvre dans les autres pays francophones. Cet ouvrage retrace cette guerre de trente ans, menée à coup de déclarations aussi péremptoires qu’infondées, réactionnaires et sexistes. Il permet également de faire le point sur les objets de ces controverses, et de comprendre pourquoi la France a fini par entamer sa « révolution langagière » envers et contre les avis des Messieurs-Dames du Quai Conti. »

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