26 September, 2020
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Ce que la science a découvert sur l’orgasme féminin

Parce qu’elle peut affecter, à termes, la vie quotidienne d’un couple, l’absence d’orgasme, en particulier constatée chez les femmes, ne vient pas seulement des soucis qui peuvent occuper votre esprit, il s’agit souvent d’une question de stimulation.

En effet, les résultats obtenus par de récents sondages sur la sexualité des français laissent à penser que les positions et les pratiques sexuelles les plus employées ne sont pas nécessairement les plus efficaces, notamment parce qu’elles sont trop centrées sur le plaisir de l’homme. Ainsi, comme évoqué dans un précédent article, si la pénétration vaginale reste l’acte le plus fréquent pour 83% des femmes, elles ne sont que 28% à estimer que cela leur procure « très facilement » un orgasme, contrairement à la pénétration accompagnée de caresses du clitoris ou bien le cunnilingus, moins courant chez ces couples alors qu’ils sont plus efficaces (38% et 30% des répondantes expliquent qu’ils sont plus facilement susceptibles de les faire grimper aux rideaux).

Le fossé orgasmique

Parallèlement, la découverte selon laquelle les femmes, en particulier les femmes hétérosexuelles, déclarent avoir beaucoup moins d’orgasmes que les hommes a reçu une attention particulière dans les médias. En effet,  lorsqu’il est question d’orgasme, il existe une disparité flagrante entre les hommes et les femmes. Le phénomène a même un nom : « le fossé orgasmique ».

Malgré tout, la bonne nouvelle est que le domaine de la recherche sur la sexualité a enfin connu un afflux d’études sur l’orgasme des femmes depuis peu. Les résultats nous aident non seulement à mieux comprendre où peuvent se situer les difficultés des femmes à atteindre les orgasmes, mais ils mettent également en lumière ce que font les femmes qui éprouvent des orgasmes plus constants et plus intenses, afin que d’autres femmes puissent aussi profiter de ces informations pour apprendre à améliorer leur « capacité orgasmique ».

Voici quelques-unes des plus grandes découvertes sur l’orgasme des femmes issues de la recherche sur le sexe en 2019.

Les mouvements du corps semblent être associés à l’orgasme pendant les rapports vaginaux

Dans une étude publiée au début de l’année 2019 dans le Journal of Sex Research , les chercheurs ont exploré quels facteurs peuvent être liés à des orgasmes plus constants sur un échantillon de 1239 femmes. Les chercheurs se sont particulièrement intéressés au rôle de la stimulation clitoridienne directe et à certains mouvements corporels qui se produisent souvent lors des rapports vaginaux.

Plus précisément, les auteurs ont étudié les rapports des femmes faisant état de « mouvements de va-et-vient du bassin et du tronc » ainsi que la présence de frottements plus directs ou « précis » du clitoris. Le partenaire peut être à l’origine de cette stimulation complémentaire ou celle-ci peut être provoquée par un vibromasseur durant la pénétration. La femme peut aussi manuellement stimuler son clitoris. Le mouvement de va-et-vient peut facilement varier tant dans sa vitesse que dans son amplitude. Cette liberté de mouvement permet de gérer la montée ou la synchronisation vers l’orgasme.

Les résultats des chercheurs suggèrent que les femmes ont des orgasmes plus fréquents pendant les rapports vaginaux lorsqu’elles incorporent une stimulation clitoridienne directe. Cependant, le mouvement de va-et-vient du corps, était également associé à une fréquence d’orgasme plus élevée pendant les rapports vaginaux même sans stimulation clitoridienne directe simultanée.

Ce n’est donc pas un hasard si dans les positions sexuelles préférées, on retrouve celles où la femme est la plus « active » : en particulier l’Andromaque (en position assise, la femme au-dessus) et le Gaufrier (allongés, la femme au-dessus, une sorte de missionnaire inversé), générateur d’orgasme assuré pour 58 et 57% des répondantes.

La position andromaque implique de vous assoir à califourchon sur votre partenaire, qui est allongé sur le dos et maintient vos cuisses avec ses mains.

C’est à vous de décider de la danse. Vous effectuez des mouvements de va-et-vient, en gérant l’intensité et le rythme. Cette position procure beaucoup de plaisir car elle inverse le rapport dominant/dominé traditionnel. Ainsi, la femme sent qu’elle a tout le pouvoir, ce qui apporte du piquant et de la force au rapport.

Aussi, dans cette position, la pénétration peut être profonde, elle peut se faire par l’intermédiaire d’un pénis de remplacement qui présente l’avantage de faire durer jusqu’à l’orgasme, tout en restant maîtrisée : c’est pour cela qu’elle demeure une des positions préférées des femmes.

La cavalière à l’envers fait partie également des positions préférées des femmes. La femme vient s’asseoir sur son partenaire qui est allongé sur le dos, elle ne lui fait pas face et le chevauche donc à l’envers. Ainsi, le pénis touche le point G et l’angle de pénétration est des plus stimulants. Une alternative est d’avoir les pieds à plat (plutôt accroupie qu’à califourchon donc).

Rechercher l’orgasme augmente les chances des femmes d’avoir un orgasme

Vous connaissez peut-être le conseil selon lequel mettre trop de pression pour avoir un orgasme peut jouer contre nous, peut-être même rendre les orgasmes moins susceptibles de se produire. En effet, en faisant de l’orgasme le principal objectif de l’activité sexuelle, nous pouvons finir par mettre tellement de poids sur l’endroit où nous allons que nous ne nous détendons pas suffisamment pour profiter de la balade.

Cependant, de nouvelles recherches suggèrent qu’en raison de la tendance des femmes à dévaloriser leur plaisir sexuel, en particulier avec un partenaire masculin, ne pas donner la priorité aux orgasmes peut jouer contre nous.

À travers deux études, Gusakova et ses collègues ont exploré dans quelle mesure, durant un rapport avec pénétration avec un partenaire masculin, les femmes à la recherche d’un orgasme avaient reçu de manière effective un orgasme. Ensuite, ils ont cherché à voir dans quelle mesure cela pouvait avoir un impact sur la fréquence de ces orgasmes.

Les chercheurs ont découvert que les femmes qui déclaraient lors de leur dernière rencontre sexuelle « qu’avoir un orgasme était un objectif qu’elles avaient en tête lorsqu’elles avaient des relations sexuelles » étaient plus susceptibles d’avoir cet orgasme.

Les résultats suggèrent que même si nous ne voulons pas faire de l’orgasme le seul objectif de l’activité sexuelle, en faire une priorité (plutôt que de ne pas penser du tout à avoir un orgasme) le rend plus susceptible de se produire pour les femmes.

Tous les orgasmes ne sont pas de bons orgasmes

Étant donné l’importance que nous donnons enfin aux femmes pour atteindre des orgasmes, il est logique de supposer que les orgasmes sont des expériences positives et agréables.

Cependant, de nouvelles recherches issues de l’Université du Michigan suggèrent qu’il peut également y avoir des expériences négatives d’orgasme.

En utilisant un échantillon en ligne de 726 participants représentant divers genres et identités, les chercheurs Chadwick, Francisco et van Anders ont demandé aux participants s’ils avaient déjà eu un orgasme pendant des rapports sexuels forcés ou consentants. Ils ont analysé les résultats des 289 participants qui ont décrit un mauvais orgasme et ont répondu à une question ouverte leur demandant de décrire leur expérience.

Sur la base de l’analyse, les auteurs ont conclu que les expériences d’orgasme peuvent aussi être mauvaises.

Plus précisément, les raisons pour lesquelles les participants ont qualifié un orgasme de désagréable ou de mauvais étaient les suivantes: 1) avoir un orgasme après avoir été poussé à avoir des relations sexuelles non désirées par un partenaire, 2) avoir un orgasme après avoir accepté d’avoir des relations sexuelles même lorsque les participants ne le voulaient pas, 3) avoir un orgasme après s’être senti obligé d’avoir un orgasme (les auteurs notent que cela pourrait être une pression sur soi ou une pression de la part de son partenaire).

Lorsque des orgasmes se sont produits dans ces circonstances, les participants ont souvent décrit l’orgasme comme désagréable et même inconfortable et ont suggéré que leurs expériences d’orgasme avaient des impacts négatifs sur leurs relations, leur sexualité et même leur santé psychologique.

En d’autres termes, les orgasmes n’étaient agréables que s’ils se produisaient lors de rapports sexuels consentis et voulus avec enthousiasme et libres de toute pression ou coercition.

En résumé…

Il n’y a pas de moyen ultime d’atteindre l’orgasme à coup sûr et de manière intense.  Cependant, les résultats de la recherche de cette année suggèrent que lorsque les femmes accordent la priorité à leur plaisir sexuel – en faisant de leur orgasme un objectif pendant les rapports sexuels (cela pouvant être favorisé par des pratiques alternatives non phallo-centrée où le plaisir féminin est mis en avant, comme la pratique de la chasteté masculine par le biais d’une cage de chasteté pour pimenter le jeu sexuel), en utilisant la stimulation clitoridienne directe et certains mouvements corporels pendant la pénétration sexuelle, abordant le sexe avec leurs propres besoins et désirs au premier plan, et en évitant d’essayer simplement d’apaiser leur partenaire – cela peut augmenter leur capacité d’orgasme et finalement réduire le fossé orgasmique.

Fematria

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