26 October, 2020
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L’avortement passible de peine de mort

Un législateur américain pense qu’exécuter les femmes « coupables » est la solution.

S’il était adopté, un projet de loi pourrait permettre de condamner des femmes à la peine de mort pour avoir avorté.

Nous ne sommes pas dans un roman de science-fiction. Nous ne sommes pas plongés dans la lecture d’un vieux journal jauni par le temps. Nous ne sommes pas non plus au Moyen-Orient où certains chefs religieux crient leur haine des femmes.

Nous sommes au Texas.

A l’origine de ce projet de loi, le représentant de l’État Tony Tinderholt, un républicain d’Arlington. Pour ce vétéran de l’armée de l’air, marié cinq fois, la mesure est nécessaire pour rendre les femmes « plus personnellement responsables ». Il explique qu’il veut garantir une  » protection égale  » de la vie à l’intérieur et à l’extérieur du ventre. Deux ans qu’il mène son combat. Menacé de mort, il a été placé sous la protection de l’Etat.

Et la vie continue. Pas de tremblements, pas d’éclairs, pas d’écho sur une chaine info. Pas de consternation, pas de rage, pas même un soupir. Alors qu’il n’est pas le premier.

En Idaho, un candidat républicain au Congrès tient les mêmes propos. Infliger la peine de mort aux femmes pour réduire les avortements.

Donald Trump n’est pas en reste. En mars 2016, alors qu’il est encore candidat, et alors qu’il s’adresse à ses nouveaux amis de la droite religieuse, il confie au journaliste Chris Matthews qu’il considère que les femmes doivent être sanctionnées lorsqu’elles ont subi un avortement.

45 ans après l’entrée en vigueur de la loi Roe v Wade (arrêt historique rendu par la Cour suprême des États-Unis en 1973 sur la question de la constitutionnalité des lois qui criminalisent ou restreignent l’accès à l’avortement), des lois plus sévères sont en train de devenir la norme, ici au pays de la liberté.

Dans le fantasme du dogme biblique fondamentaliste, les écrits de l’Ancien Testament traitaient les femmes de citoyens de deuxième et troisième classe, leur accordant la compassion divine tant qu’elles comprenaient qu’elles ne seraient jamais que des biens personnels.

Dans la Bible, les femmes n’avaient pas d’existence propre en dehors du foyer. Leurs seuls rôles étaient ceux de mère et d’aidante. Mais il y a le mythe et la réalité. Il y est rarement question d’avortement. Et lorsque c’est le cas, il n’est pas écrit que c’est un crime ou un péché. En réalité, c’était une forme acceptée de contrôle des naissances.

Chaque société dominée par les hommes (c’est-à-dire chaque société à travers les âges, y compris ici et maintenant) ferme les yeux sur les méthodes nécessaires pour empêcher les femmes de devenir des poulinières perpétuellement enceintes.

Dans le même temps, aucune société dominée par les hommes n’a été assez sotte pour envisager l’abstinence comme une option permettant de contrôler les naissances.

Alors pouvons-nous arrêter l’hypocrisie? Pouvons-nous éviter que les hommes au pouvoir revendiquent la peine de mort pour les femmes qui prennent la décision d’avorter?

Les femmes ont des ventres et les hommes non. Les femmes ne sont pas des poulinières ou des biens. Les femmes qui prennent la décision de mettre fin à une grossesse ne sont pas des parias.

Nous sommes au XXIème siècle.

L’exécution des femmes pour avoir désobéi aux hommes est révolue !?

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