Au travail, le combat pour l’égalité femmes-hommes a davantage de poids s’il est mené en mixité

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 Et si le meilleur alibi pour promouvoir l’égalité des genres au travail était la voix des femmes, combinée à celle de leurs collègues masculins ?

Égalité salariale, parité… Dans le monde du travail, la question de l’égalité femmes-hommes reste un enjeu de taille dans la plupart des pays du globe. Et les États-Unis, comme la France, n’y font pas exception. En s’intéressant de plus près à la manière dont les salariés et les dirigeants sont prêts à défendre ces valeurs ou à les conscientiser, une équipe de chercheurs de l’université du Texas à Austin est parvenue à un constat intéressant : les discours relatifs à l’égalité hommes-femmes sont plus susceptibles d’être entendus (et potentiellement pris en compte) lorsqu’ils sont défendus de concert par des femmes… et des hommes.

Pour aboutir à cette conclusion, trois enquêtes distinctes ont été réalisées : une avec uniquement des femmes, une autre avec exclusivement des hommes et une troisième comprenant un groupe mixte d’hommes et de femmes. Chaque expérience consistait à répondre à une série de questions différentes relatives à un éventail de propositions en matière d’égalité des sexes au travail (formation des femmes à la négociation de salaires plus élevés, garantie que les femmes représentent au moins 50% des candidats aux postes de direction, etc).

Au total, 3 234 personnes ont pris part à l’étude. Dans chacune des trois enquêtes, les participants – y compris ceux qui occupaient des postes de dirigeants – se sont montrés plus réceptifs aux propositions de mesures visant l’égalité femmes-hommes, lorsque celles-ci émanaient du groupe composé d’hommes et de femmes.

« Lorsque les femmes seules défendent l’équité entre les sexes, cela peut sembler être une préoccupation de niche. Lorsque les hommes s’expriment à ce sujet, ils peuvent être considérés comme n’ayant pas le droit de protester contre une question qui ne les concerne pas personnellement. C’est vraiment lorsque vous réunissez des femmes et des hommes en tant que défenseurs que vous contournez ces deux préoccupations », décrypte Insiya Hussain, professeure adjointe de gestion à la McCombs School of Business de l’UT Austin (Texas), qui a dirigé l’étude.

Une théorie qui s’applique aussi à l’équité raciale

Les chercheurs ont également posé des questions aux managers sur d’éventuelles mesures concernant des questions d’équité sans lien avec le genre de l’employé (par exemple, une formation destinée à améliorer les compétences en matière de service à la clientèle). Dans ces cas de figure, « les coalitions mixtes n’ont montré aucun avantage », comparé aux autres groupes, constatent les chercheurs. Preuve que cet « effet de mixité » s’applique spécifiquement aux questions relatives aux droits des femmes au travail.

« Si nous avions mené cette étude il y a dix ou vingt ans, nous aurions peut-être découvert des attitudes beaucoup plus négatives à l’égard de l’équité entre les sexes en général. Et comme le lieu de travail est en constante évolution, ces résultats pourraient encore changer dans les prochaines décennies. Mais, du moins aujourd’hui, il est utile de recruter des hommes comme alliés. La défense de l’équité entre les sexes est plus efficace lorsque les femmes et les hommes travaillent ensemble », constate Insiya Hussain.

Cette théorie des coalitions mixtes pourrait également s’appliquer aux questions d’équité raciale au sein des entreprises. « Une coalition d’employés blancs et noirs pourrait être mieux à même de signaler la légitimité du problème », supputent les auteurs de l’étude.

Source : https://www.ladepeche.fr/ ETX Daily Up

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