19 September, 2020
HomeFormationsAccompagner le changement dans les entreprises

Accompagner le changement dans les entreprises

Innovation, esprit d’équipe, respect… les entreprises communiquent abondamment sur leurs valeurs, mais se donnent-elles la peine de les mettre en œuvre ? Souvent, ces valeurs se figent dans une déclaration en lettres capitales joliment encadrée au mur. Fin de l’histoire !

La réflexion qui suit s’adresse à toutes les autres, celles qui s’attachent à mettre en œuvre leurs valeurs, car le chemin sensiblement plus long et semé d’embuches requiert une préparation et un accompagnement à moyen terme.

Communiquer sans discriminer et plus précisément, rédiger de manière inclusive, représente une innovation (malheureusement) et témoigne d’un esprit d’équipe et d’une volonté de respecter tout le monde. Des valeurs fortes s’incarnent dans ce processus de changement.

Revenons brièvement sur la formulation de l’Académie française en 1635 : « Le masculin l’emporte sur le féminin au titre que l’homme est plus noble que la femme ». Rassurez-vous, elle avait déjà fait scandale à l’époque. Aujourd’hui, elle pique les oreilles et hérisse les neurones. Nous voulons oublier cette habitude emperruquée à la Louis XIII de s’exprimer au masculin dit générique (celui qui inclurait les femmes [sic]) pour adopter une communication ouverte non discriminante. Mais le vouloir suffit-il ?

Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence.

LE TEMPS DU RIDICULE

Nul doute que dans un premier temps, le ridicule s’est déchaîné. Dès 1991, année de parution du guide de féminisation des noms de métiers, grades et fonctions, «  Femme, j’écris ton nom », les blagues les plus sexistes pleuvaient sur Yvette Roudy, ministre des Droits de la femme et Benoîte Groult, qui présidait la commission de rédaction de l’ouvrage. Au paroxysme de la tempête, Bertrand Poirot-Delpech, directeur du Monde des Livres et académicien, prononçait la phrase magnifique : « mais enfin dans écrivaine, on entend vaine ».[1] Oubliant qu’on entend vain dans écrivain. Erik Orsenna la répètera pendant la journée de la francophonie en 2016. D’autres bêtises sans nom ont été déversées jusqu’au « péril mortel » incantatoire prononcé par l’Académie française, société savante qui n’a longtemps accueilli aucun linguiste, avant d’en accepter quelques-unes très récemment.

LE TEMPS DE L’OPPOSITION

Plutôt que de parler d’opposition qui implique un conflit, évoquons la résistance au changement, car on peut l’accompagner et la gérer. Les entreprises qui mettent en œuvre leurs valeurs et décident de sensibiliser leur personnel afin de communiquer sans exclure gagnent à rédiger un guide de style interne. Par les interrogations qui naissent lors de son processus d’élaboration, ce document indispensable trace la route et pose les jalons linguistiques nécessaires. Il forme le socle de référence au sein de l’entreprise. Ensuite, un accompagnement pertinent des rédacteurs et rédactrices permettra d’utiliser la palette de moyens linguistiques qu’offre la langue française en les adaptant à chaque catégorie de documents selon sa visée.

Écrire ou réviser un texte rédigé au masculin dit générique répond certes à des contraintes spécifiques, car notre écriture et notre cerveau sont modelés par quasiment quatre siècles de « tout masculin ». Ils le sont aussi par une société globalement dominée par le masculin, par ailleurs. Surmonter les contraintes et bouleverser nos habitudes pour produire un document compréhensible, agréable à lire et qui atteint sa cible tout en respectant les valeurs de l’entreprise exige de solides connaissances et de la créativité rédactionnelle. (Et quoi qu’il en soit, le trait d’union ou le point médian ne font qu’abréger les doublets.)

LE TEMPS DE L’ÉVIDENCE

Faire adopter la communication non sexiste dans son entreprise passe par trois phases :

  • affirmer des valeurs telles que l’innovation, l’esprit d’équipe et le respect ;
  • dialoguer avec la cellule de communication et l’ensemble du personnel sans jamais nier les émotions que le changement provoque ;
  • accompagner et former à des outils judicieux et efficaces.

Ainsi, pour tous les talents qui composent votre organisation, le changement prend du sens et fait corps avec l’image professionnelle de votre organisation. Renouvelée et respectueuse, votre entreprise entre en parfaite adéquation avec les femmes et les hommes qui la portent.

Et demain, nous constaterons ensemble combien l’écriture inclusive était une évidence !

Isabelle Meurville, linguiste experte en rédaction épicène

  WT Formations / Formation inter-entreprises

Formation « ECRIRE SANS EXCLURE »

Pour que vos écrits reflètent vos valeurs 

Vous rédigez des documents fondamentaux qui doivent intégrer les valeurs universelles, non sexistes de votre organisation, mais dans la grammaire française, le masculin l’emporte souvent. Comment donner une égale visibilité aux femmes et aux hommes à l’écrit ? La langue  française est sexuée et ne se prête pas spontanément ni facilement à l’exercice.

Vous avez besoin d’aide.

Session 1 : 20 octobre 2020 / Session 2 : 17 novembre 2020

Pour tout renseignement, inscription : contact@womentoday.fr


[1] http://www.elianeviennot.fr/Langue-mots.html#:~:text=La%20phrase%20souvent%20entendue%20depuis,journ%C3%A9e%20de%20la%20francophonie%202016.

Share