À vos montres, à vos pendules ! Le changement d’heure, c’est ce dimanche 28 mars

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Ce rituel printanier a vu le jour il y a 45 ans jour pour jour, le 28 mars 1976. Comment a-t-il été vécu à l’époque ? On ouvre les archives…

En 1975, après le choc pétrolier de 1973 , c’était l’heure de la chasse au gaspi et aux économies d’énergie tous azimuts. D’où l’idée de certains dirigeants européens de coller le plus possible au rythme du soleil pour limiter la facture énergétique liée à l’éclairage artificiel, avec l’instauration, en 1976, du changement d’heure.

Le passage à l’heure d’été et à l’heure d’hiver est en fait une idée bien ancienne et son établissement sous la forme que nous connaissons est une petite histoire à elle seule.

En 1784, Benjamin Franklin évoque pour la première fois dans le quotidien français Le journal de Paris la possibilité de décaler les horaires afin d’économiser l’énergie. Cette idée n’est pourtant pas encore très populaire à une époque où la société est encore très largement agricole et où l’heure « utile » est celle du Soleil, qui varie de 50 minutes de l’est à l’ouest de la France.

Mais un siècle plus tard, le développement des transports ferroviaires va nécessiter une unification de l’heure sur l’ensemble du territoire français. Cela d’autant plus que le télégraphe électrique est quasi simultanément créé.

Cela va être décidé en 1891 : l’heure de Paris devient l’heure nationale. Le même processus se produit dans différents pays du monde, la différence des échelles de temps entre les pays correspondant à la différence de longitude de leur méridien de référence.

L’Allemagne est la première à instaurer ce changement d’heure le 30 avril 1916. Elle est rapidement suivie par le Royaume-Uni le 21 mai 1916. En France, l’introduction d’une heure d’été est proposée en 1916, votée en 1917, devançant de peu les États-Unis qui vont adopter le changement d’heure en 1918.

L’heure allemande pendant l’Occupation

Ce régime va subsister en France jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. L’avancée des troupes allemandes dans le nord de la France va introduire ce qui est appelé « l’heure allemande » dans la partie occupée avec une heure différente de 60 minutes avec celle de la zone libre, au sud de la ligne de démarcation.

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, des échanges ont lieu avec le haut commandement allemand à différentes reprises avant et après l’occupation totale de la France ; ils mettent en jeu, notamment, la SNCF, pour les écarts des heures et les dates de changement d’heure, ainsi que le secrétaire d’État aux Communications. Plus tard, ce sera le tour du Gouvernement provisoire de la République française, selon l’avance des armées alliées.

Au mois d’août 1945, un nouveau décret rétablit l’heure d’hiver traditionnelle en deux étapes : avec un retard d’une heure le 18 septembre 1945, puis d’une autre le 18 novembre 1945 ; mais un décret annule cette dernière décision. Ce qui fait que la France demeure à cette époque à l’heure d’hiver de l’Europe centrale qui est également l’heure d’été de l’Europe occidentale.

La dernière décision de changement d’heure en France remonte au 19 septembre 1975 : un décret introduit alors une heure d’été en France, pour application du 28 mars au 28 septembre 1976. Cette mesure, prise à la suite du choc pétrolier de 1973, avait pour but d’effectuer des économies d’énergie en réduisant les besoins d’éclairage en soirée. À l’origine, cette mesure devait être provisoire.

Jusqu’en 1995, le passage de retour à l’heure d’hiver a lieu le dernier dimanche de septembre à 3 heures du matin. Mais depuis 1996, il s’effectue le dernier dimanche d’octobre et prolonge la période d’heure d’été durant une partie de l’automne. Le décalage par rapport à l’heure solaire en France est d’une heure environ en hiver et de deux heures environ l’été.

Harmonisation en Europe

Le changement d’heure estival a été introduit dans l’ensemble des pays de l’Union européenne au début des années 1980. Pour faciliter les transports, les communications et les échanges au sein de l’UE, il a été décidé d’harmoniser les dates de changement d’heure en 1998 par la directive 2000/84/CE du Parlement européen et du Conseil du 19 janvier 2001.

Dans la pratique, si chacun doit avancer sa montre d’une heure au printemps et la reculer en automne, l’heure légale réalisée à l’Observatoire de Paris est modifiée automatiquement, que ce soit la traditionnelle horloge parlante ou les méthodes plus modernes de synchronisation par protocole NTP pour les ordinateurs.

L’heure légale diffusée par l’horloge parlante ou protocole NTP est le Temps universel coordonné de l’Observatoire de Paris – UTC(OP) à laquelle on ajoute une heure ou deux selon la saison.

L’Observatoire de Paris réalise et diffuse le temps légal français. Le temps légal français est élaboré par des horloges atomiques du laboratoire national de métrologie LNE-SYRTE à l’Observatoire de Paris. En 2016, ce temps de référence a une exactitude de 0,000.000.001 seconde. Rappelons à ce propos que la seconde est définie depuis 1967 comme « la durée de 9.192.631.770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome de césium 133 ».

Arnaud Landragin, Directeur de recherche CNRS et Directeur du laboratoire Systèmes de Référence Temps-Espace de l’Observatoire de Paris (Observatoire de Paris / PSL Research University / CNRS / Sorbonne Universités / UPMC / LNE), Observatoire de Paris / © La Tribune © Crédit photo : Archives AFP

Quelques archives vidéos pépites « heure d’été » :

83% des Français sont indifférents ou défavorables au changement d’heure. La France quitte l’heure d’été pour passer à l’heure d’hiver tous les ans, le dernier week-end d’octobre et jusqu’au dernier dimanche du mois de mars. En 2016, 76 pays et territoires à travers le monde changent d’heure 2 fois par an.
A l’inverse, ils sont 106 à ne jamais l’avoir fait, tandis que 65 autres pays ont tenté mais l’ont rapidement abandonné.

Bureau international de l’heure : l’horloge parlante

Visite à l’observatoire de Paris, au bureau international de l’heure où Bernard GUINOT, directeur, nous explique que l’heure se fabrique et d’une façon compliquée car on a besoin pour les recherches scientifiques d’une heure extrêmement précise.

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