6 décembre 1989, premier féminicide de masse à Montréal, 14 femmes assassinées

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« Vous êtes des femmes, vous allez devenir des ingénieures. Vous n’êtes toutes qu’un tas de féministes, je hais les féministes »

Le 6 décembre 1989, en fin d’après-midi, Marc Lépine entre à l’Ecole Polytechnique de Montréal et pénètre dans une salle de cours. Brandissant une carabine, il ordonne à la cinquantaine d’hommes, professeurs et étudiants, de quitter la pièce. Restent neuf femmes. Il leur lance alors :  » Vous êtes des femmes, vous allez devenir des ingénieures. Vous n’êtes toutes qu’un tas de féministes, je hais les féministes « . Puis il ouvre le feu. Il continue ensuite son parcours mortel dans les couloirs et à la cafétéria, avant de se suicider.

Quatorze femmes seront tuées, dont certaines achevées au couteau, dix autres femmes et quatre hommes seront blessé·es au passage.

Sur le tueur la police retrouvera une lettre, ainsi qu’une liste de 19 femmes que Marc Lépine considérait comme féministes et qu’il avait l’intention de tuer. Journalistes, syndicalistes, femmes politiques, policières…  chacune possédant à ses yeux une bribe de ce pouvoir qu’il estimait avoir été injustement arraché aux hommes. Dans la lettre qui sera rendue publique au bout d’un an, on peut lire :  »  » Veuillez noter que si je me suicide aujourd’hui (…) c’est bien pour des raisons politiques. Car j’ai décidé d’envoyer ad patres les féministes qui m’ont toujours gâché la vie (…) J’ai décidé de mettre les bâtons dans les roues à ces viragos. Même si l’épithète “tireur fou” va m’être attribué dans les médias, je me considère comme un érudit rationnel (…) Les féministes ont toujours eu le don de me faire rager. Elles veulent conserver les avantages des femmes (…) tout en s’accaparant de ceux des hommes « .

Le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours.

Depuis plus d’un an, Women Today, (ex-Sarasvatî) et sa Lettre des femmes hebdomadaire explorent toutes les facettes du féminin et du féminisme. Donnent la parole à celles et à ceux qui misent sur la réflexion, plutôt que sur la division, pour éveiller les esprits, faire avancer la parité et reculer les inégalités.

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