21 avril 1944, les françaises votent pour la première fois. 24 avril 2022, c’est à votre tour de voter !

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Pour devenir citoyennes à part entière, les femmes ont dû s’armer de patience et de persévérance.

Le droit de vote pour les femmes : une histoire… pas si vieille. Le 29 avril 1945, les Françaises s’exprimaient dans les urnes pour la première fois.

Entrer dans un bureau de vote. Y saisir des bulletins. S’abriter dans l’isoloir et, cachée derrière un fin rideau, en glisser un dans une petite enveloppe bleue. Soulever la toile, se diriger vers l’urne et y déposer son pli, après avoir entendu un assesseur lire son nom. Aujourd’hui, ce geste semble anodin pour nombre de femmes. Mais il y a 75 ans, le 29 avril 1945, il l’était beaucoup moins.

Ce jour-là, les Françaises s’expriment dans les urnes pour la première fois. Ce sont des municipales, les premières élections en France depuis la libération. Un an plus tôt, le 21 avril 1944, une ordonnance de l’Assemblée consultative d’Alger leur a octroyé le droit de vote et d’éligibilité. La France est alors encore en guerre, et les femmes présentes dans la résistance.

En 1755, soit 190 ans plus tôt, le rebelle corse Pascal Paoli avait imaginé une Constitution accordant le droit de vote aux personnes de plus de 25 ans, dont les femmes, mais seulement à l’échelon communal. De plus, seules les veuves ou célibataires étaient concernées, et elles n’étaient pas éligibles.

« Je suis entrée dans l’isoloir. Cela m’a fait un petit quelque chose…« , se souvenait en 2015, tout sourire, Marcelle-Françoise Devillers, alors âgée de 102 ans. Liane Minard, 93 ans en 2015, est partie voter « le cœur battant« , se sentant « reconnue comme citoyenne à part entière ». Avant d’en arriver là, le chemin et la lutte avaient été longs, chaotiques et douloureux.

En France, comme le révélaient les élections de mars 2015, l’égalité hommes/femmes ne coule pas de source. Pour la première fois, les assemblées départementales étaient pourtant strictement paritaires, du fait de l’imposition par la loi de 2013 de binômes homme/femme aux élections. Mais dans neuf cas sur dix, la présidence des départements revenait à des hommes. Selon le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, seuls dix départements – sur 101 – avaient une présidente.

Dans les autres fonctions locales électives, 8 % des présidents d’intercommunalités étaient des présidentes, 5 % des régions étaient dirigées par des femmes et à peine 16 % des maires étaient des mairesses. Et pourtant, la loi française impose la parité sur les listes des candidats aux élections municipales : 50 % d’hommes, 50 % de femmes, mais pas dans toutes les communes. Dans celles de plus de 1 000 habitants seulement, les listes des candidats aux élections municipales doivent être paritaires et respecter l’alternance homme-femme…

Aujourd’hui encore, les femmes sont encore loin d’être majoritaires dans les mairies. En 2019, le taux d’occupation des femmes dans les conseils municipaux était de 39,9 %, « toutes tailles de communes confondues », dévoile le site vie-publique. Elles n’étaient que 17 % à être élues maires, 29 % à occuper la fonction de première adjointe, 38 % celle de seconde adjointe et 43 % à être adjointes ou conseillères. Côté classement, c’est à Paris que la parité est la mieux respectée, avec une moyenne de 50,3 % de femmes dans les conseils municipaux en 2018. 

Source : extrait TV5MONDE

Le 29 avril 1945, les Français se rendent dans leur bureau de vote pour les élections municipales. Les Français, mais surtout, les Françaises car, pour la première fois de l’histoire de France, les femmes ont le droit de voter. Un an plus tôt, le 21 avril 1944, une ordonnance du général de Gaulle leur accordait enfin ce droit pour lequel elles s’étaient battues depuis plus d’un siècle. Les Françaises sont alors parmi les dernières femmes d’Europe à accéder aux urnes.

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