2 juin 1936 : « Même si vous nous donnez le droit de vote, vos chaussettes seront raccommodées »

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Le Tout-Paris s’est donné rendez-vous à l’hippodrome de Longchamp, dans le 16e arrondissement, pour assister à l’un des grands événements hippiques et mondains de la saison : le Grand-Prix de Paris. Le fond de l’air est révolutionnaire depuis la victoire du Front populaire aux législatives de mai. Le président de la République, Albert Lebrun, a pris place dans la tribune officielle quand une manifestation vient troubler le rituel bien établi et rassurant de l’événement. Louise Weiss et les suffragettes font irruption pour exiger le droit de vote des femmes.

Blocage au Sénat

Louise Weiss a alors 43 ans. Depuis quelques années, elle lutte sans relâche pour que les femmes obtiennent le droit de vote. Si les suffragettes britanniques, allemandes, soviétiques ou polonaises ont gagné la bataille au lendemain de la Première Guerre mondiale, les Françaises se heurtent à l’intransigeance du Sénat qui a refusé à six reprises, entre 1919 et 1936, d’examiner des propositions de loi de la Chambre des députés en faveur du vote des femmes aux élections locales. Pour rassurer les sénateurs, début juin 1936, Louise Weiss offrira à chacun d’entre eux une paire de chaussettes avec cette inscription : « Même si vous nous donnez le droit de vote, vos chaussettes seront raccommodées ».

Les communistes sont à la pointe de ce combat. En 1925, le Parti communiste avait placé des femmes en position éligible sur ses listes pour les élections municipales dans toutes les communes de la banlieue parisienne. Les élues siègeront effectivement quelques jours, jusqu’à l’annulation de leur élection par les tribunaux. Le paradoxe est total au lendemain des élections de mai 1936 quand trois femmes font leur entrée dans le gouvernement Blum alors qu’elles ne sont ni électrices ni éligibles : Cécile Brunschvicg, sous-secrétaire d’État à l’Éducation, Suzanne Lacore, sous-secrétaire d’État à la Santé publique et Irène Joliot-Curie, sous-secrétaire d’État à la Recherche scientifique.

L’ordonnance de 1944

Comme le disait Lénine, « la guerre est un accélérateur de l’Histoire ». En 1942, le général de Gaulle promet qu’« une fois l’ennemi chassé du territoire, tous les hommes et toutes les femmes de chez nous éliront l’Assemblée nationale ». Ce sera fait par ordonnance en 1944. Quant à Louise Weiss, en 1979, elle est élue au Parlement européen au suffrage universel direct et prononce, en qualité de doyenne, le discours d’ouverture de la première session.

Source : FranceTVInfo

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